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Chaque jour, et ce jusqu’au 14 Juin, date du coup d’envoi de la Coupe du Monde en Russie, nous vous proposons de (re)découvrir toutes les finales de cette compétition. En 1994 , c’est une finale entre les deux pays les plus titrés qui se joue aux Etats-Unis. Et elle va se décider lors de la séance des tirs aux buts.

Avant la finale

Le Brésil et la Suède prouvèrent qu’ils étaient bien supérieurs au Cameroun et à la Russie dans chaque compartiment de jeu. Les Auriverdes disposèrent aisément des Africains 3-0 avant de faire match nul contre les Suédois et de confirmer ainsi leur première place. Pour l’Italie, placée dans le groupe E, la compétition débuta par un but de Ray Houghton, permettant à l’Irlande de s’imposer 1-0, et par la même occasion, de prendre sa revanche sur l’Italie, qui l’avait battu sur un score identique en quarts de finale, quatre ans auparavant. Le 23 juin à New York, les espoirs italiens fondaient à vue d’œil après l’expulsion du gardien de la Squadra Azzurra, Gianluca Pagliuca, alors que le score était de 0-0. En dépit de cela, l’Italie parvint à arracher une victoire 1-0. L’Irlande le fit après un terne 0-0 face à la Norvège, pendant que l’Italie était tenue en échec 1-1 par le Mexique (le milieu Bernal répondant au buteur Massaro). Ces résultats signifièrent que le Mexique termina premier grâce au plus grand nombre de buts inscrits, alors que l’Irlande et l’Italie purent passer au second tour (les Irlandais devancèrent les Italiens grâce à leur victoire obtenue lors de leur confrontation directe). La faiblesse offensive de la Norvège la condamna à l’élimination.

En huitièmes de finale Le Brésil défait le pays hôte sur le plus petit des scores grâce à Bebeto. L’équipe de Bora Milutinovic a cependant réalisé un mondial correct. L’Italie passe à peu de choses de l’élimination surprise par un Nigeria en grande forme. Elle encaisse le premier but à la 25e minute, puis Baggio égalise. Enfin, durant la prolongation, ce même Baggio délivre les médaillés de bronze à domicile quatre ans plus tôt.

En quarts de finale, Le Brésil défait les Pays-Bas par 3 buts à 2 lors d’un match déséquilibré avec une mi-temps vierge et une mi-temps ayant vu naître les 5 buts du match. L’Italie continue son ascension vers la finale en éliminant l’Espagne par 2 buts à 1. Ce sont deux Baggio, Dino et Roberto, qui sont à l’origine de cette victoire.

L’Italie moribonde du premier tour réussit le pari de s’inviter pour la finale, une fois n’est pas coutume, grâce à deux buts de Roberto Baggio. La Bulgarie ne réalisera pas l’exploit de se qualifier en finale, mais elle a prouvé qu’elle était devenue une équipe compétitive pouvant rivaliser avec les meilleurs. Meilleure techniquement et tactiquement, l’Italie se qualifia de manière logique.

Dans l’autre demi-finale, le Brésil se qualifia contre des Suédois qu’ils avaient déjà rencontrés au premier tour, match à la physionomie très équilibrée qui s’était alors soldé par un nul (1-1). Cette fois-ci, les Auriverde battirent les Scandinaves 1 à 0 en dominant leurs adversaires la quasi-intégralité de la rencontre. Fatigués de leur éprouvant quart de finale face aux Roumains, et de surcroît handicapés par l’expulsion très sévère et très controversée, à la 63e minute de leur meneur de jeu Jonas Thern, joueur clef et stratège de l’équipe, les Suédois réduits à dix finirent par céder face à la force collective des Brésiliens, encaissant un but de Romário à la 80e minute de jeu. Jusque-là la Suède devait sa survie dans ce match aux arrêts de son gardien Thomas Ravelli et à la maladresse des attaquants Brésiliens dans le dernier geste. Menés au score, les Suédois épuisés ne purent inverser la tendance au cours des dix dernières minutes du match.

La finale

La finale se joue au Rose Bowl devant 94 194 spectateurs. C’est la deuxième finale non inédite en Coupe du monde. En effet, le Brésil avait battu l’Italie en finale en 1970, date de la dernière finale brésilienne. C’est la deuxième finale où le perdant ne marque pas dans le temps réglementaire, ni en prolongation. Enfin, c’est la première finale départagée aux tirs au but. La tentative manquée de Roberto Baggio, brillant lors des précédents matchs de l’Italie, sacra le Brésil pour la première fois depuis 24 ans.

Cette rencontre a surtout été un affrontement entre deux formations soucieuses de maintenir leur défense imperméable. Côté transalpin il est à noter que Roberto Baggio fut longtemps incertain suite à une élongation à la cuisse, finalement aligné tout comme le capitaine Franco Baresi. Côté auriverde le duo d’attaque Romario-Bebeto très efficace tout le long du tournoi ne parviendra pas à faire la différence durant cette finale. Le volume offensif sud américain fut quand même supérieur pendant ces 120 minutes, les Brésiliens tirant 26 fois au but contre 6 tentatives seulement côté italien. Le Brésil aurait pu d’ailleurs faire la différence dans la seconde période des prolongations, se procurant quatre occasions très franches

La Finale se joue donc aux tirs aux buts. Côté brésilien, seul Màrcio Santos échoue ( Romari, Dunga et Branco inscrivent leur tir au but ), tandis que côté italien, Baresi, Massaro ainsi que Roberto Baggio manquent tous trois leur tir ( Albertini et Evani réussissent le leur ), offrant au Brésil leur quatrième sacre mondial.

La détresse de Roberto Baggio, juste après avoir raté son tir au but permettant aux brésiliens ( en arrière plan ) d’exulter. Ces derniers sont champions du Monde.

 

Jérémy CESAR (@JrmyCsar) / Alexis DUCEAU