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Chaque jour, et ce jusqu’au 14 Juin, date du coup d’envoi de la Coupe du Monde en Russie, nous vous proposons de (re)découvrir toutes les finales du Mondial. À l’occasion de la première Coupe du Monde à 32, la France décroche son premier titre mondial après une finale remportée 3:0 à Paris face au Brésil. Le maestro Zinédine Zidane marque la finale de son empreinte.

Le Mondial

Soixante ans après sa première visite, la Coupe du monde repose ses valises en France. Pour la première fois, la compétition accueille 32 équipes au lieu de 24. Depuis, le format n’a plus bougé mais pourrait prochainement évoluer à 48.

Cette Coupe du monde 1998 est aussi la première post-arrêt Bosman. Désormais, tout club européen peut titulariser onze joueurs, quelle que soit leur nationalité, s’ils détiennent toutefois un passeport d’un pays membre de l’Union européenne. Beaucoup de sélections, dont la France, sont ainsi composées de footballeurs dont la plupart n’évoluent pas dans un club de leur pays d’origine.

 

Parmi les 11 titulaires ayant disputé la finale, seuls 2 évoluaient en France. (Photo AFP)

Le format à 32 équipes procure de nouvelles opportunités pour les nations africaines ou asiatiques. Les groupes de quatre équipes respectent également la variété géographique, chacun de ces groupes, sauf un, comprenant deux équipes européennes, une équipe du continent américain et une des continents africain ou asiatique.

Le casting des joueurs présents à ce Mondial est un casting 5 étoiles et rappelle le plateau du Mondial 1990. Le Brésil regroupe une constellation de stars menées par le Ballon d’or Ronaldo.

La constellation de stars de la Seleção était donnée favorite du Mondial. Mais le tenant du titre va connaître un cinglant 3-0 en finale.

De l’Italie à l’Argentine, en passant par les Pays-Bas où l’Angleterre, sans oublier l’Espagne, l’Argentine, le Nigéria et la Croatie: les vedettes sont partout et présentes à chaque match.

Même des équipes comme la Norvège, le Chili où la Yougoslavie possèdent de belles armadas et font figure de sérieux outsiders. Le Mondial 1998 tient un spectacle à la hauteur de la distribution. La plupart des matches sont d’un gros niveau.

Premier tour

Comme c’est souvent le cas en Coupe du Monde, le premier tour réserve son lot habituel de surprises, certains des favoris doivent batailler ferme pour rallier le second tour, face à des outsiders de moindre renom. L’Espagne ne parvient pas à surmonter la malédiction qui l’accable en Coupe du Monde de la FIFA et ne passe pas les poules.

La Colombie manque aussi la qualification dans un groupe dominé par une équipe de Roumanie qui parvient même à surprendre l’Angleterre (2-1).

Le sommet des huitièmes de finale se situe à Saint-Etienne, où l’Angleterre et l’Argentine se livrent un duel épique. La première mi-temps restera dans les annales comme 45 minutes de pur football classique – un pénalty de chaque côté au cours des dix premières minutes, Michael Owen inscrivant le but du tournoi et donnant l’avantage aux Britanniques, avant que Javier Zanetti n’égalise juste avant la mi-temps, d’une frappe millimétrée sur coup-franc.

Pendant ce temps, la France, pays organisateur, fait lentement mais sûrement son petit bonhomme de chemin, en route vers son rendez-vous avec le destin.

Après un parcours sans faute durant le premier tour, les Tricolores se heurtent à la résistance farouche du Paraguay et ne doivent leur salut qu’au premier “but en or” de tous les temps en Coupe du Monde de la FIFA™ (et le seul à ce jour), inscrit par  Laurent Blanc à la 113ème minute de la rencontre.

L’Italie est leur adversaire suivant et, cette fois, c’est l’épaisseur des poteaux qui les sauve. Roberto Baggio expédie une superbe volée à quelques millimètres du poteau durant les dernières minutes de la prolongation, puis Luigi di Biagio envoie le cinquième tir au but italien sur la barre transversale ! l’histoire prendra le tournant contraire lors de la finale 2006.

En demi-finales, les Bleus  retrouvent l’équipe surprise de ce Mondial, la Croatie. Participant à leur première Coupe du Monde depuis que l’ancienne Yougoslavie a été “éclatée” en plusieurs états séparés, les héroïques joueurs au maillot à damier ont donné la leçon à l’Allemagne en quart de finale (3-0) avant de réduire les supporters français au silence, lorsque le soulier d’or Davor Suker donne l’avantage à son équipe juste après la pause du match contre la France.

C’est désormais l’heure de l’homme providentiel ! Le défenseur latéral droit Lilian Thuram choisit en effet ce moment pour marquer son premier but international, puis son second, offrant ainsi une finale de rêve : la France, pays organisateur, face au Brésil, tenant du titre.

La finale

Et nous voici donc rendus au fameux 12 juillet ! “Le jour de gloire est arrivé”, dit une phrase de “La Marseillaise”. Les Bleus vont entrer dans l’histoire en remportant leur premier titre mondial. Attendue par tout un peuple, la finale face au Brésil est redoutée mais va être à sens unique. Juste avant la rencontre, la rumeur court que Ronaldo, malade, ne jouera pas. L’attaquant brésilien est finalement sur le terrain mais est rapidement secoué par une sortie de Fabien Barthez. Zinedine Zidane, enfin à la hauteur de l’événement, place deux coups de tête victorieux sur corner juste avant la pause.

Avec un premier but de la tête à la 27ème minute, suivi par un second durant les arrêts de jeu de la première mi-temps, Zizou mystifie les Brésiliens, qui ne parviennent jamais à s’en remettre.

Bien que réduite à dix joueurs après l’expulsion de Marcel Desailly à la 68ème minute, la forteresse française résiste aux assauts brésiliens et  se permet même d’ajouter un nouveau but sur une contre-attaque d’Emmanuel Petit à la dernière minute. Le coup de sifflet final de l’arbitre marocain, M.Belqola, le premier Africain à avoir arbitré une finale de Coupe du monde, libère tout un peuple.

Et 1, et 2, et 3-0 ! C’est l’explosion au Stade de France, l’apothéose. L’équipe de France est sur le toit du monde. On peut mourir tranquille.. n’est ce pas Thierry ?

Alexis Duceau et Jérémy César