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Chaque jour, et ce jusqu’au 14 Juin, date du coup d’envoi de la Coupe du Monde en Russie, nous vous proposons de (re)découvrir toutes les finales du Mondial. En 2006, La Coupe du monde fait son retour en Europe et choisit l’Allemagne pour l’héberger à l’occasion de sa 17e édition. L’Italie décroche sa quatrième étoile contre les Bleus de Zinédine Zidane au terme de l’une des finales les plus épiques de l’histoire.

Le Mondial

Les stades d’outre-Rhin ont fait l’objet d’une large rénovation pour cet événement et le résultat est grandiose. Chacune des enceintes retenues est un véritable écrin sportif. Tous les amateurs de ballon rond se lèchent les babines devant de telles conditions logistiques.

L’édition précédente avait assisté aux exploits des pays émergents, tels que la Corée du Sud, la Turquie et le Sénégal, tandis que la France, l’Italie et l’Espagne ressortaient très frustrées du tournoi. Mais, là, fini les bêtises. Le Mondial 2006 ne se déroule pas en Asie ou en Amérique du Sud, mais sur le Vieux Continent. Pas de décalage horaire, un climat tempéré, une organisation à l’allemande : tout est fait pour se prémunir contre les surprises et les aléas.

Le plateau a fière allure, mais il témoigne surtout d’un changement de génération, beaucoup de sélections entament un nouveau cycle. Il y a aussi des pays qui participent pour la première fois à une phase finale de Coupe du monde. C’est le cas de la Côte d’Ivoire, par exemple.

La Côte d’Ivoire malgré 3 défaites au 1er tour, aura donné du fil à retordre aux Pays-Bas.

Contrairement à 2002, les têtes de série sont au rendez-vous à l’issue de la phase de groupes. Tous les favoris se sont qualifiés pour les huitièmes de finale. Et le tableau nous offre d’emblée des chocs, comme le France-Espagne ou le Portugal-Pays-Bas.

Surnommé la bataille de Nuremberg, ce huitième de finale entre le Portugal et les Pays-Bas aurait très bien pu être baptisé “la boucherie de Nuremberg”. Cette dernière affiche va, hélas, battre un triste record : celui du nombre de cartons distribués (20 : 9 avertissements pour le Portugal et 7 pour les Pays-Bas, ainsi que 4 cartons rouges, 2 pour chacune des deux sélections).

 

De son côté, la France affronte l’Espagne persuadée d’envoyer Zidane à la retraite. La réponse des Bleus, emmenés par Zizou,Thuram Vieira et Makelele va être cinglante à l’encontre de l’Espagne (3-1). Celle-ci ouvre le score sur penalty, mais les Bleus égalisent par l’intermédiaire d’un certain Franck Ribéry, qui a apporté un vrai bonus au groupe par sa spontanéité et son talent durant le tournoi. Il ne sait pas encore qu’il vit à ce moment-là ses plus beaux instants en équipe de France.

De son côte l’Italie va se sortir d’un huitième de finale piège contre l’Australie grâce à un penalty à la dernière seconde, transformé par Totti.

Zidane, lui, sait parfaitement qu’il est dans le sprint final de sa carrière. Et pour ses derniers moments, il nous offre le meilleur. Son but contre l’Espagne est la plus magnifique des réponses aux moqueries des journaux madrilènes. Quant à son match divin contre le Brésil en quart de finale (victoire 1-0), il régale toute la planète football.

Rarement un joueur s’est approprié de telle manière une rencontre de ce niveau. Par sa vista, ses gestes techniques improbables et son charisme sur le terrain, il a tout simplement décidé du scénario de A à Z. Le Brésil, cette nation reine du football, n’est ici qu’un figurant qui assiste impuissant à son humiliation tout en étant obligé d’applaudir.

Le dernier carré de la compétition est composé du Portugal, de la France, de l’Allemagne et de l’Italie, soit quatre nations européennes. Le Vieux Continent est souverain sur son sol pour cette édition.

La Squadra Azzurra ressort son costume de bête noire pour battre une nouvelle fois les Allemands après 1970 et 1982 (2-0). De son côté, la France accède à la finale pour la seconde fois de son histoire après un match stressant (1-0) contre le Portugal de Cristiano Ronaldo.

La Finale

La France et l’Italie se retrouvent ainsi en finale six ans après celle de l’Euro 2000 gagnée par les Bleus. Sauf que c’est Marcello Lippi, l’un des meilleurs coachs de la planète, qui a remis le catenaccio au goût du jour et a parfaitement préparé son équipe tactique.

Il peut aussi compter sur une défense impériale avec l’exceptionnel gardien Gianluigi Buffon et le formidable défenseur Fabio Cannavaro. Les deux vont se montrer une nouvelle fois héroïques lors de cette finale.

Celle-ci commence de manière stupéfiante. La France obtient en début de match un penalty. Zidane se charge de le tirer et décide de régaler des milliards de téléspectateurs en faisant une magistrale panenka.

Buffon se fait surprendre et la balle rebondit contre la barre transversale avant de tomber derrière la ligne de but : 1-0 pour les Bleus.

Touchée, l’Italie n’est pas coulée. Du haut de leurs trois titres mondiaux, les Transalpins ne perdent pas le fil et égalisent quelques minutes plus tard grâce à Andréa Pirlo qui dépose le cuir sur le front de Marco Materazzi, le joueur auteur de la faute qui a entraîné le penalty français.

En seconde période, les Bleus prennent les commandes.  Thierry Henry se procure la première action de la seconde période à la suite d’un raid et conclu par un plat du pied que Gigi Buffon stoppe sans trembler.

Incessant en première période, le flux et reflux de la vague transalpine cesse. Pour autant, l’histoire reste la même. Les Italiens s’en remettent aux coups francs. Toni trouve même la faille sur l’un d’entre eux. Mais le but est justement refusé pour hors-jeu (61e).

La 2ème mi-temps n’est plus guidée par le jeu et on se dirige donc vers les prolongations.  A la 103e minute, suite au centre parfait de Willy Sagnol, Zinédine Zidane, qui avait ouvert le score d’une audacieuse panenka dès la 7e minute, place un puissant coup de boule dans la surface. Gianluigi Buffon détourne d’une claquette monumentale.

3 minutes plus tard, Materazzi va faire preuve de roublardise en provoquant verbalement Zidane. Zizou le Magicien redevient le Sanguin. Pris d’un geste de folie, il administre un coup de tête, devenu depuis éternel, contre la poitrine du défenseur transalpin.

L’arbitre n’a rien vu. Le quatrième arbitre si. Grâce à l’écran de contrôle.. Zizou récolte un carton rouge. L’artiste quitte la compétition par la petite porte et de manière innatendue, laissant les Bleus à 10.

Le football est une chose imparfaite, et Zizou, son plus bel ambassadeur dans les années 2000, en est la meilleure des illustrations.

L’Italie au bord de la rupture, prend alors un ascendant psychologique et  pousse les Bleus jusqu’aux tirs au but. Celui de David Trezeguet frappe la transversale. Grosso transforme le penalty décisif et les Azzurri remportent leur quatrième titre en Coupe du Monde.

Certes, le choc entre la France et l’Italie au stade olympique de Berlin restera marqué par l’exclusion de Zinédine Zidane, L’histoire ne dira jamais si l’homme a manqué aux Bleus durant la séance de tirs au but laissant des regrets éternels aux français.

Mais résumer un mois de compétition à cet instant d’égarement serait faire peu de cas de la superbe prestation italienne, certes peu spectaculaire mais qu’importe.. Une Coupe du monde ça ne se joue pas, ça se gagne.

Alexis Duceau et Jérémy César