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Un juge d’une cour d’appel au Brésil a annulé ce 8 juillet un ordre de libération de l’ex-président Lula da Silva, décrété quelques heures plus tôt par un autre magistrat de la même cour. Un imbroglio judiciaire qui a créé la confusion au Brésil à trois mois d’une élection présidentielle parmi les plus incertaines de l’histoire du pays, et à laquelle Lula souhaite se présenter.

Rogerio Favreto, qui était ce week-end le juge de permanence de la cour d’appel de Porto Alegre, dans le sud du Brésil, avait fait sensation en ordonnant dimanche la mise en liberté de Lula. Il avait alors estimé que la police fédérale devait “s’abstenir de pratiquer quelconque acte qui modifie la décision collégiale de condamner Lula da Silva à 12 ans et un mois de prison pour corruption ». Mais quelques heures plus tard, le juge Gebran Neto a décidé, lui, le maintien en prison de l’ancien président et a annulé la décision de son collègue. Lula Da Silva reste alors en prison, où il purge une peine de 12 ans et un mois pour corruption. La justice brésilienne lui reproche d’avoir reçu un luxueux appartement en bord de mer de la part d’une entreprise de construction en échange de faveurs dans l’obtention de marchés publics, ce qu’il a toujours catégoriquement nié, invoquant l’absence de preuves et dénonçant un complot visant à l’empêcher de briguer un troisième mandat.

La présence de Luiz Inacio Lula da Silva à la prochaine élection présidentielle est donc quasiment nulle. Et quand bien même l’ancien président (2003-2010) était amené à sortir de prison d’ici là, il aurait probablement vu sa candidature à l’élection présidentielle invalidée par le tribunal électoral, en vertu d’une loi qui interdit à tout candidat déjà condamné en appel de se présenter. Avant son incarcération, Lula était en tête des intentions de vote pour le scrutin d’octobre.