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Plus de 8 millions de Maliens sont appelés aux urnes dimanche pour un scrutin présidentiel aux enjeux forts sur le plan sécuritaire. Ils doivent départager 24 candidats, dont le président sortant Ibrahim Boubacar Keïta et le chef de l’opposition, Soumaïla Cissé.

Toujours confronté à la menace djihadiste malgré cinq ans d’interventions militaires internationales, le Mali doit organiser ce dimanche un scrutin présidentiel.  Après les polémiques de la fin de campagne autour du fichier électoral, sur lequel l’opposition a émis des doutes, le scrutin est bien entendu placé sous haute sécurité. Un nombre record d’observateurs de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), de l’Union africaine (UA) et de l’Union européenne (UE) se sont rendus sur place pour veiller au bon déroulement des opérations. Côté militaire, pas moins de 30 000 membres des forces de sécurité sont mobilisés pour cet évenement, selon le ministère de la Sécurité intérieure. Quelque 23 000 bureaux de vote sont mobilisés pour cette élection. Ils fermeront leurs portes à 18 heures et les premiers résultats sont attendus dans les 48 heures.

La communauté internationale espère que le vainqueur de cette présidentielle relancera l’accord de paix signé en 2015 à Alger par le camp gouvernemental et l’ex-rébellion à dominante touareg, pour apaiser ces tensions. Car à l’heure d’aujourd’hui, la menace  jihadiste persiste au sein du pays, à tel point que le Touareg malien Iyad Ag Ghaly, dirigeant d’un des groupes islamistes qui s’étaient emparés du nord du Mali en 2012, a récemment diffusé une vidéo dans laquelle il menace directement le processus électoral. « Ces élections ne sont rien d’autre que la poursuite d’un mirage et nos peuples n’en récolteront que des illusions, comme ils en ont pris l’habitude », a déclaré dans une vidéo le chef du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans.

Parmi les principaux prétendants à la victoire finale, on retrouve le président sortant, Ibrahim Boubacar Keïta, élu en 2013 après l’intervention française pour chasser les islamistes. Il figure parmi les favoris même s’il n’a pas réussi à ramener la paix dans son pays, miné par les actes terroristes et les tensions communautaires.

Bertrand Bielle