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Les parents et proches d’Alexia Daval ont demandé à être confrontés à Jonathann Daval, suspecté du meurtre de sa femme Alexia et qui les accuse désormais, a informé jeudi 4 octobre 2018 l’Agence France-Presse MeGilles-Jean Portejoie.

« J’ai adressé ma lettre au juge d’instruction en tout début de semaine », a déclaré l’avocat de la sœur d’Alexia Daval, Stéphanie Gay, et de son mari, Grégory Gay.

Au début du mois de juillet, Jonathann Daval était revenu sur ses aveux, accusant son beau-frère, Grégory Gay, du meurtre d’Alexia, évoquant « un pacte secret » scellé au sein de la famille pour dissimuler les faits.

MPortejoie et ses clients ne pouvaient « plus supporter que cette thèse, aussi indécente qu’odieuse, qui nous accuse, puisse perdurer ». Le « coup d’arrêt » doit être apporté par la confrontation des proches de la défunte avec Jonathann Daval selon l’avocat. « On veut l’avoir en face de nous », s’est-il exclamé, jugeant qu’il « est grand temps pour les parties civiles d’agir et de réagir ».

Lundi 1er octobre, Me Randall Schwerdorffer, l’avocat de Jonathann Daval, avait fait part de son intention de déposer une demande de remise en liberté de son client, estimant qu’elle était dans la logique de ce « changement de version ».

Une personnalité « très complexe, caméléon »

C’est le 28 octobre 2017 que Jonathann Daval, informaticien de 34 ans, avait signalé la disparition de sa femme Alexia. Affirmant s’être inquiété après ne pas l’avoir vu revenir de son prétendu footing, le corps de celle-ci avait été découvert, en partie brûlé, dans un bois, près de Gray-la-Ville en Haute-Saône, où vivait le couple. L’autopsie avait révélé que la jeune femme avait été victime de violences, de coups et avait été étranglée.

Pendant trois mois, Jonathann Daval s’était présenté comme un homme anéanti et accablé lors de la marche blanche et des obsèques. Mais plusieurs éléments matériels vont finalement conduirent les enquêteurs à en faire le principal suspect. Placé en garde à vue le 30 janvier, il affirmait qu’il ne « voulait pas » tuer son épouse, mais qu’ils en étaient venus aux mains et qu’il l’avait étranglée en tentant de la « maîtriser ».

D’après l’examen d’un psychologue et d’un psychiatre, les spécialistes ont estimé que malgré « son allure d’un chien battu », il était « un homme déterminé, plutôt dominant qui peut, le cas échéant, devenir colérique, voire agressif » et qu’il était « dangereux sur le plan criminologique ».

Jonathann Daval est détenu à la maison d’arrêt de Dijon pour « meurtre sur conjoint » et encourt la prison à perpétuité.

Claire Lefeuvre