Climat : nouveau rapport alarmant des scientifiques du Giec

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Au-delà de 1,5 °C de réchauffement, les impacts seront catastrophiques. Le nouveau rapport des scientifiques du GIEC est sans appel, il faut d’urgence passer à l’action.

La sonnette d’alarme a été tirée par le Giec, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Ces scientifiques ont publié dans la nuit de dimanche 7 à lundi 8 octobre 2018, un nouveau rapport décrivant la différence entre un réchauffement déjà terrible de 1,5 °C et celui catastrophique de 2 °C fixé comme plafond par la COP 21 à l’horizon 2100.

Ce demi-degré qui change tout est plus qu’important : “au rythme actuel, nous allons atteindre les 1,5°C de réchauffement entre 2030 et 2052”expliquent les scientifiques, faute de réduction massive des émissions de gaz à effet de serre. Si le réchauffement atteint +1,5%, les impacts seront irréversibles pour certaines espèces animales ou végétales, comme les coraux, les insectes ou la forêt boréale qui verront leur habitat réduire de moitié. Et ces populations seront deux fois plus impactées si la barre des +2% est atteinte.

Il est indispensable de ne pas rater l’objectif car il faut que la température baisse la nuit par rapport à la journée notamment pour supporter les canicules. Un réchauffement de 1,5°C limiterait la hausse du niveau de la mer de 10 cm, et 10 millions d’habitants seraient ainsi préservés de la submersion marine. Il existe aussi un risque de propagation des maladies comme la malaria et la dengue, ainsi que davantage de pollution à l’ozone.

« Un big bang écologique pour limiter le réchauffement

Le WWF (Fonds mondial pour la nature) réclame « un big bang écologique pour limiter le réchauffement » et l’ONG écologiste Oxfam s’alarme que « chaque dixième de degré de réchauffement supplémentaire porte en lui un risque de vie ou de mort ». La directrice de Greenpeace International, Jennifer Morgan affirme elle que « les choses que les scientifiques avaient promises pour le futur sont en train de se produire ». Si des efforts drastiques ne sont pas engagés, la hausse globale des températures sera plutôt de l’ordre +3 °C.

« Il suffit de regarder autour de soi en France : nos côtes sont de plus en plus fragiles à cause de la montée des eaux et de l’érosion, les glaciers reculent, la saison d’enneigement des stations diminue, les étés sont de plus en plus chauds et les cyclones de plus en plus violents », énumère le climatologue Jean Jouzel, ex-vice-président du Giec.

Le Conseil environnement de l’UE se réunira mardi 9 octobre avec au programme les émissions de véhicules et la COP24. A cette occasion une vingtaine de scientifiques ont appelé l’Union à aligner ses objectifs sur le rapport du Giec.

Claire Lefeuvre