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Serpents, crapauds, scorpions ou mygales… tous prennent aujourd’hui leurs quartiers dans notre capitale. Le Palais de la Découverte accueille, du 10 octobre 2018 au 11 août 2019, une exposition consacrée au poison. À cette l’occasion, une trentaine d’espèces animales, considérées parmi les plus dangereuses au monde, sera présentée au public dès cette semaine. Une première pour le centre culturel scientifique parisien, et l’occasion d’en apprendre un peu plus sur le venin; à la fois arme mortelle et substance aux vertus médicinales. Pour garantir une expérience complète et sans fausse note, un important dispositif de sécurité a été déployé afin de garantir, à tous, le grand frisson en tout sécurité.

« Avant d’ouvrir les portes de l’exposition, il y a toute une organisation. Il est nécessaire de prendre de grandes précautions lorsqu’on accueille des espèces venimeuses et vénéneuses », explique le chef de projet de l’évènement, Mark Read. En coulisse, deux spécialistes se relaient depuis ce week-end pour installer les 70 animaux prêtés par Atrox, un groupe espagnol à la tête de plusieurs zoos à Madrid et Barcelone. Acheminés depuis l’Espagne dans des boîtes ultra sécurisées et spécialement conçues pour ce transfert, les spécimens sont manipulés avec prudence. À leur arrivée, tournevis et perceuse sont de rigueur pour ouvrir les cages entièrement scellées pour ce voyage.

Afin d’assurer la sécurité du personnel du musée, les employés ont été sensibilisés et formés. « L’objectif est d’éviter tout accident » précise Mark Read. Seuls les spécialistes et les personnes habilitées peuvent ainsi ouvrir les terrariums et s’approcher au plus près des animaux. Chaque manipulation est minutieusement encadrée et les soigneurs portent une tenue de protection composée de gants et de tissus isolants.

Le capacitaire François Lemoine, ancien responsable de la ménagerie du jardin des plantes à Paris, veille également au respect et au bon fonctionnement des systèmes de sécurité. Il effectue chaque semaine 2 visites pour contrôler l’ensemble des vivariums. Une étroite collaboration est ainsi assurée entre cet homme, les soigneurs de l’exposition et les services vétérinaires de la préfecture.
Pour garantir au public une visite sereine, plusieurs mesures ont également été instaurées. « Les animaux sont dans des vivariums à doubles parois et se trouvent dans des salles confinées. Tout est étanche et il y a plusieurs alarmes» explique Bruno Maquart, le président d’Universence.   « Trente espèces venimeuses, c’est énormément d’excitation mais aussi de précautions car on doit assurer la sécurité de notre personnel, du public mais aussi des animaux, qui doivent être bien traités. Leur confort est primordial » explique Grupo Atrox.

30 espèces classées parmi les plus dangereuses au monde

 

Dendrobate bleue

 

Ils portent le nom de « Black Mamba » ou « Dendrobate bleue ». Parmi les 70 spécimens présentés au public, 30 espèces figurent dans la liste des animaux les plus dangereux au monde. « Le mamba noir est un serpent très rapide. Il peut atteindre 6 mètres/seconde et 23 km/h. Il est très vif, une seule erreur peut être fatale. Son venin excessivement puissant est neuro-toxique », précise François Lemoine, capacitaire de l’exposition Poison. Quant à la Dendrobate bleue, une petite grenouille tenant son nom de sa coloration bleu azur, une goutte de son poison suffit à paralyser, voire, tuer un être humain. Un simple contact avec sa peau peut d’ailleurs provoquer d’importantes brûlures. « En Amazonie, ces batraciens servent par exemple encore aujourd’hui à fabriquer le poison de flèches. On frotte ces dernières au dos des grenouilles ». Si les reptiles et amphibiens sont au centre de l’exposition, de nombreux insectes, tels que la célèbre veuve noire, complètent également le tableau de cette étonnante collection.

Mamba noir

 

Selon Mark Read, la présence de ces espèces représente une chance inouïe pour le musée et le public. Objets de curiosité et de fascination, les animaux n’en restent pas moins des êtres vivants. Le risque zéro n’existe donc pas. Si en dépit des nombreuses précautions prises par l’équipe de l’exposition, un soigneur venait à se faire mordre ou piquer, tout est prévu pour que ce dernier soit immédiatement pris en charge par le Samu et transporté rapidement vers l’hôpital Begin de Saint-Mandé. C’est dans cet établissement que sont sont conservés les sérums anti-venin des espèces présentées au Palais de la Découverte.  «En cas de morsure, on a souvent très peu de temps pour intervenir, c’est pour cela que le protocole est très stricte », confie Guillaume Russel, l’un des soigneurs du groupe espagnol Atrox.

Nadège Lapko