L’Agence de sécurité sanitaire demande l’arrêt des cabines de bronzage en raison d’un risque de cancer “avéré”

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L’agence de sécurité sanitaire a demandé mercredi 10 octobre 2018 la fermeture des cabines de bronzage en France dont les rayonnements UV peuvent provoquer de graves mélanomes cutanés.

En raison d’un risque de cancer avéré, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a demandé mercredi “aux pouvoirs publics de prendre toute mesure de nature à faire cesser l’exposition de la population aux UV artificiels”. 

“On recommande l’arrêt de l’activité liée au bronzage artificiel, et aussi l’arrêt de la vente d’appareils délivrant des UV à visée esthétique, notamment aux particuliers”, a expliqué Olivier Merckel, chef de l’unité d’évaluation des risques aux agents physiques à l’Anses.

Quels sont les risques ? 

“Les personnes ayant eu recours au moins une fois aux cabines de bronzage avant l’âge de 35 ans augmentent de 59% le risque de développer un mélanome cutané”, alerte l’Anses. Les risques de cancer sont avérés depuis plusieurs années. La lumière naturelle contient trois types de rayonnements ultraviolets : UVA, UVB et UVC. En France, les cabines de bronzage émettent principalement des UVA. L’utilisation des UVB est quant à elle limitée par la réglementation.

L’exposition à ces sources intenses d’UV peuvent provoquer des lésions sur l’ADN. L’absence de coup de soleil semble mettre les utilisateurs en confiance or des mélanomes peuvent rapidement se développer.  

Le mélanome est le cancer de la peau le plus grave du fait de sa capacité à se propager rapidement à d’autres parties du corps. En France, il a été estimé que 43% des mélanomes chez les jeunes pouvaient être attribués à une utilisation de ces cabines avant l’âge de 30 ans, ajoute le rapport.

Les UV artificiels peuvent également provoquer un vieillissement précoce de la peau, environ quatre fois plus rapide avec les lampes de bronzage que le soleil, d’après les experts.

Une réclamation de longue date

Les dermatologues réclament l’interdiction des cabines de bronzage depuis 2015, tout comme l’Académie de médecine et les sénateurs. Le gouvernement ne s’est contenté que de durcir la règlementation de ces machines. Dans un avis en 2014, l’Anses recommandait pourtant “la cessation à terme de tout usage commercial du bronzage par UV artificiels” et jugeait que la dernière réglementation en date (2013) “constituait une réponse partielle et insuffisante au regard du risque avéré de cancers cutanés pour les utilisateurs”.

Le Centre international de recherche sur le cancer a lui déclaré “cancérogènes certains” l’ensemble du spectre UV (UVA, UVB, UVC) ainsi que les appareils de bronzage depuis 2009.

Claire Lefeuvre