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« L’été des quatre rois » : sans doute la période est propice à tenter de comprendre les soubresauts de l’histoire France. Camille Pascal nous plonge dans un fleuve. Celui des « Trois glorieuses » qui mettront fin au règne des Bourbons. Un monde qui a du mal à disparaître. Les soubresauts d’un nouveau qui peine à venir.

Il y a d’abord l’Histoire bien sûr. Celle que l’on connaît, ou peut être moins, la Restauration et Charles X. A l’été 1830, le successeur de Louis XVIII décide de se passer du pouvoir parlementaire. Dès le lendemain, c’est l’insurrection du peuple de Paris. Les barricades sont dressées. En moins d’une semaine, le dernier roi de France fuit Saint-Coud. Il abdiquera bientôt, ainsi que son Dauphin. Son petit-fils Henri V ne régnera jamais : le duc d’Orleans accepte de devenir Louis-Philippe, roi des Français.

Et il y a les hommes emportés par l’Histoire. Dans leur grandeur et dans leurs petitesses. Des portraits brodés délicatement au fil des pages, attachants, surprenants, à rebours parfois de la trace qu’ils ont laissée dans l’Histoire.

Thiers, journaliste ambitieux qui rêve de politique et se rallie à Orléans monté sur son poney. La Fayette, le revenant, vieillard, caricature de lui-même, éternel traitre aux Bourbons et héros national.

Le maréchal Marmont duc de Raguzes, devenu le nom commun de toutes les trahisons. On le surprend tiraillé, sincère, soucieux de servir.

« L’été des quatre rois » est un roman historique comme je n’en avais pas lu depuis longtemps. La reconstitution est précise. Le style élégant et dense permet de transformer l’essai historique en un roman épique. L’humour toujours présent. Le haut fonctionnaire est naturellement à son aise pour décrire les arcanes du pouvoir, tout comme le grand écrivain la vie des hommes et des femmes qui façonnent l’Histoire à coup de vie quotidienne. Le roman de Camille Pascal n’attend pas!

François Guéant