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Prévue le 29 mars 2019, la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne n’a toujours pas eu lieu. En négociation depuis plus de deux ans, le Brexit semble être dans l’impasse. Alors où en sommes-nous réellement ? Retour sur les 5 grandes dates à retenir pour comprendre.

 

  • 1975

Le Royaume-Uni vient de faire son entrée dans l’Union Européenne le 1er janvier 1973 mais les premiers débats se font entendre dès 1975. Les Britanniques se plaignent de ne plus pouvoir contrôler les entrées et sorties à la frontière à cause du système de libre circulation mis en place par l’UE. La politique agricole commune est aussi vivement critiquée. Pour eux, cette mesure contraint le travail des agriculteurs et ralentit leurs relations commerciales avec le monde. Plusieurs raisons qui poussent les Britanniques à penser que leur pays se porterait mieux sans l’Union Européenne. Un premier référendum a donc eu lieu le 5 juin 1975 pour déterminer le maintien ou non du pays au sein de la communauté Européenne.

  • 2016

Plus de 40 ans après le premier référendum de 1975 qui a finalement abouti au maintien du Royaume-Uni dans l’UE, le débat refait surface. Le premier ministre de l’époque, David Cameron, met donc en place un nouveau référendum pour déterminer le sort de l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union Européenne. Celui-ci a lieu le 23 juin 2016. Avec 51,89% des voix, les Britanniques se prononcent en faveur de la sortie de la communauté européenne, une première au sein de l’Europe. Par cette volonté de rompre tout lien avec les autres pays européens naît le terme “Brexit”. Ce mot anglais est la contraction de “Britain” (Grande-Bretagne) et de “Exit” (sortie) qui signifie donc littéralement “sortie de la Grande-Bretagne”.

Quelques jours après les résultats du référendum, le Premier ministre, David Cameron, membre du parti conservateur britannique, décide de démissionner. Il laisse la tâche des négociations à un autre ministre, lui étant pour le maintien du Royaume-Uni dans l’Union Européenne. Le 13 juillet 2016, c’est donc Theresa May qui est nommée Première Ministre et succède à David Cameron pour mener les négociations de sortie. Elle devient ainsi la deuxième femme à diriger le gouvernement britannique.

  • 29 mars 2017

Cette date marque officiellement la procédure de retrait et le début des négociations entre le Conseil Européen et Theresa May. Mais les négociations s’annoncent difficiles d’autant plus que c’est la première fois que l’UE doit faire face à un retrait. De plus, la communauté européenne perd une de ces trois grandes puissances. Theresa May invoque l’article 50 du Traité sur l’Union Européenne. Cet article a pour but de fixer les modalités de retrait qui doivent ensuite être approuvées par le Parlement Européen. Cependant, l’UE souhaite ouvrir les négociations à condition que le Royaume-Uni effectue des “progrès suffisants” sur son statut pour les futures relations internationales.

  • 2018

Le 25 novembre 2018 est négocié un premier accord de retrait entre Theresa May et le Conseil Européen. Parmi les mesures prises, il y est prévu la possibilité de prolonger la période de transition de deux ans minimum après le Brexit. Le montant dû à l’UE, qui correspond aux engagements que le Royaume-Uni avait entrepris jusqu’en 2020, a été négocié et s’élève à 50 milliards d’euros.

Theresa May propose donc ce premier accord de sortie à son gouvernement. Accord qui a été massivement rejeté par les ministres qui lui reprochent d’avoir mené des négociations trop légères. La question d’une frontière avec l’Irlande du Nord divise aussi profondément et remet en cause la souveraineté du pays. Pour protester contre cet accord de retrait, le gouvernement britannique connaît une vague de démission en novembre 2018 de plusieurs de ces ministres. Parmi eux, on compte le secrétaire d’état britannique, Shailesh Vara et la ministre du travail et des retraites, Esther McVey. Et surtout, le ministre du Brexit, Dominic Raab, qui renonce également. Au total, ils sont sept à avoir décidé de jeter l’éponge.

  • 2019

Le 15 janvier 2019, le premier accord est aussi rejeté par la Chambre des communes. Le Brexit sombre un peu plus dans l’impasse. Theresa May doit rapidement présenter à son gouvernement un plan B car la date limite du 29 mars 2019 approche. Après de nouvelles négociations et de nouvelles propositions, les députés britanniques rejettent à trois reprises les accords qui leurs sont proposés. Le Brexit n’aboutit pas. La date limite dépassée, l’Union Européenne a accepté de reporter la sortie Britannique d’abord jusqu’au 12 avril 2019 puis la période a été prolongée jusqu’au 31 octobre 2019. Alors Brexit or not Brexit ? Réponse le 31 octobre prochain.

 

Charlène Slowik