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Il y a 70 ans, le 4 mai 1949, toute l’Italie est en larmes. En effet, l’équipe du Torino, meilleure équipe d’Italie à l’époque, disparait tragiquement dans un accident d’avion sur la colline de Superga, non loin de Turin. Retour sur l’histoire de cette équipe fabuleuse qui aura marqué à jamais l’histoire du football.

L’Italie touché en plein cœur

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Le mercredi 4 mai 1949, l’avion décolle de Lisbonne où le Torino a disputé un match amical contre le Benfica Lisbonne ; à son bord, les joueurs, les membres du staff, les journalistes et les dirigeants. A 16h55, la tour de contrôle de l’aéroport de Turin informe les pilotes des mauvaises conditions météorologiques. En effet, des nuages bas obligent les pilotes de l’avion, un Fiat G212, à descendre à une altitude basse. L’avion exécute la manœuvre, puis, soudain, le silence. L’appareil avait percuté un mur de soutien à l’arrière de la basilique de Superga qui domine la colline. Nez à nez avec la colline, à 200 km/h et avec une visibilité réduite le choc ne pouvait être évité. Les 31 personnes à bord sont mortes sur le coup. Une terrible tragédie. Première équipe à avoir réaliser le doublé coupe-championnat, le Grande Torino s’en est allé.

Seulement quelques kilomètres séparent le lieu du drame de la capitale piémontaise et la nouvelle se répand très vite. Les enquêteurs, rapidement sur place comprennent l’ampleur de la catastrophe. En fouillant les valises et les corps, ils se rendent compte qu’il s’agit de l’équipe du Torino. Journaliste pour La Stampa, Vittorio Pozzo, entraîneur de l’équipe d’Italie, championne du monde en 1934 et 1938, fait partie des premiers arrivés sur les lieux de la tragédie. Il a la lourde tâche d’identifier les corps. Plus tard, Sauro Tomà, défenseur du club apprend la tragédie. Blessé, il ne faisait pas partie du voyage à Lisbonne. Jusqu’à sa mort en 2018 à l’âge de 92 ans, il s’est dit « Condamné à survivre, alors que mes frères sont morts ». L’émotion est immense chez les transalpins. Entre 500 000 et 1 million du turinois, accompagnent le cortège funéraire, supporteurs de la Juventus et du Torino, main dans la main.

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La fin d’une époque.

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Le championnat n’étant pas terminé, les autres équipes du Calcio décident d’aligner les joueurs de l’équipe réserve pour être au même niveau que le Torino. Leader incontesté, le Torino sera sacré champion d’Italie en 1949. Pour la saison suivante, chaque équipe offre un joueur au Torino, pour l’aider à se reconstruire. Mais en 1950, c’est le rival de la Juventus qui remporte le Scudetto. La suite sportive n’est pas une réussite pour le Toro. Depuis la tragédie de 1949, le Torino a remporté qu’un seul titre de champion, en 1976, il s’agit du dernier titre des Granati. Réputé pour son style de jeu, la fin du Grande Torino marque la fin d’une époque en Italie. En effet, la Torino pratiquait un football chatoyant et tourné vers l’offensive. Après le drame, l’Italie découvrira le Catenaccio, (Le verrou en français). Un football basé sur une grosse solidité défensive et jeu basé sur la contre-attaque. Ce système fera la gloire de l’Inter Milan dans les années 1960 et est, aujourd’hui encore, ancré l’imaginaire collectif du football italien.

Des hommes aux parcours remarquable

Ce succès, le Torino le doit au directeur technique Egri Erbstein. Hongrois, et déjà en place au Torino pendant la période d’avant-guerre, les lois antisémites de Mussolini l’ont condamné à fuir l’Italie fasciste. De retour en Hongrie, il portera l’étoile jaune et sera interné dans un camp de travail.  Aidé par le président du Torino, il regagne l’Italie clandestinement. De retour dans la botte, il fera association avec Leslie Lievesley, autre homme au destin extraordinaire. Ancien footballeur, il est remarqué en 1947, alors qu’il officie en qualité entraîneur aux Pays-Bas. Ses compétences convainquent les Italiens de lui proposer un poste d’entraîneur des jeunes au Torino. Officier parachutiste pendant la guerre, il tutoie la mort une première fois. Son avion a été abattu par erreur par des canons anti-aériens au-dessus de Southampton. Tout le monde est mort, sauf Leslie. Puis, de retour d’une tournée avec les jeunes du Torino, les freins de l’appareil lâchent à l’atterrissage à Turin. Le crash est évité de justesse. La colline de Superga n’accordera pas de troisième miracle à l’entraîneur anglais.

L’Italie pleure les victimes

En 1949, la tristesse est immense à l’annonce du drame. C’est toute l’Italie qui pleure ses enfants. L’imaginaire collectif est touché en son cœur. Ils ne jouaient qu’au football. Les supporteurs ne les verront plus jamais les dimanches après-midi dans l’ancien stade Filadelfia. Le Torino n’a jamais retrouve son lustre d’antan mais la légende et le mythe du Grande Torino résonnera à jamais chez les supporteurs des Granati.

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