S’Cannesdaleux : Les films qui ont fait scandale à Cannes

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Le cinéma est-il fait pour nous faire plaisir et nous faire passer un bon moment ? Une question qui nécessite de longues heures de réflexion. Une chose est sure, certains réalisateurs ne partagent pas cette vision et estiment que tout, absolument tout est filmable. Ces metteurs en scène n’hésitent pas à faire découvrir leurs œuvres devant le public du Festival de Cannes, quitte à faire polémique.  Mais la polémique, n’était-ce pas un bon moyen de passer à la postérité ? En tout cas, les films suivants ont choqué la croisette lors de leur présentation. Des films tellement choquants qu’ils sont devenus culte. Vous êtes prêt ? Voici les 8 films les plus scandaleux du festival de Cannes.

Crash (1996), David Cronenberg

Résultat de recherche d'images pour "crash cronenberg rosanna arquette"Le réalisateur Canadien, David Cronenberg signe son 14ème film avec « Crash » en 1996. Le cinéaste est réputé pour son cinéma, influencé par la psychanalyse et le rapport au corps humain sous un aspect angoissant et monstrueux. Dans ce film, il raconte l’histoire d’un automobiliste ayant subi un accident de voiture et devient fasciné par les blessures physiques. Il se lie également avec la passagère de l’autre véhicule accidenté. Cette œuvre mélange habilement le drame et le thriller érotique. Le style et la patte de Cronenberg se ressentent : aliénation du corps humain, violence graphique et des scènes de nudités. Le film déclenche la controverse à Cannes en 1996. Cela n’empêche pas, Crash de remporter le prix spécial du Jury au 49ème Festival de Cannes. Adapté du roman éponyme de James Graham Ballard, paru en 1973, le film sera grandement critiqué par la presse spécialisée. Toutefois l’œuvre de Cronenberg dispose du meilleur des défenseurs. En effet, David Cronenberg rapporte dans son commentaire du film qu’ à Cannes, un journaliste finlandais lui expliqua en conférence de presse avoir aimé le film, mais penser que le cinéaste n’allait pas aussi loin que James Graham Ballard dans son livre. L’auteur britannique, également présent, s’empara alors du micro pour répondre, déclarant qu’il n’était pas du tout d’accord, que le film allait bien plus loin que le livre, et démarrait là où le livre s’arrêtait.

The Neon Demon (2016), Nicolas Winding Refn

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Déjà réalisateur de « Drive » et de « Only God forgives », le Danois Nicolas Winding Refn, nous raconte l’histoire d’une jeune femme désireuse de devenir mannequin à Los Angeles. Très vite son rêve tourne au cauchemar… Comme à son habitude, Winding Refn nous plonge dans une œuvre très visuelle et esthétique. Le thème du film est la beauté, un élément qui fascine le metteur en scène. Il nous dépeint le monde de la mode avec un regard acerbe où certaines scènes s’avère psychologiquement pénibles. Il s’agit aussi d’une réflexion sur le prix de la beauté naturelle. Pour l’anecdote, Nicolas Winding Refn a tourné le film dans l’ordre chronologique. Il déclara à ce propos : « C’est un procédé que j’utilise sur tous mes films parce que j’aime voir la forme que prendra le film avant qu’il soit terminé (..)Cela peut-être tout aussi effrayant qu’excitant. » Le cinéaste danois avait déjà habitué le public cannois de son goût pour l’ultra-violence, la scène de l’œil vomi sur le tapis de bain a fait son effet, suscitant dégoût et ricanement.

Funny Games (1997), Michael Haneke

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Pour son 4ème long-métrage, le cinéaste autrichien Michael Haneke livre une œuvre d’une violence quasi-insoutenable. L’histoire est celle d’une famille devenant les victimes d’une série de « jeux » malsains, orchestrés par deux jeunes hommes. « Funny Games » est la quintessence du cinéma de Haneke, à savoir : la généalogie du mal ordinaire dans nos sociétés. Dans ce film, Haneke s’amuse à torturer psychologiquement et physiquement ses personnages. Tout commence crescendo puis la violence monte et monte encore. Impossible de savoir où cette violence va nous mener. La puissance de l’hors-champ nous montre également la misanthropie du réalisateur. Avec un pareil propos et des scènes chocs, le film déclenche une vive polémique lors de sa présentation au 50ème festival de Cannes. En effet, le film crée une onde de choc sur la croisette. Mais malgré tout, le film devient culte au fil des années et Haneke réalisera le remake américain de son « Funny Games » en 2007.

Brown Bunny (2003), Vincent Gallo

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Vincent Gallo qui se rase au ralenti, Vincent Gallo qui se regarde dans la glace, Vincent Gallo qui marche dans le désert devant la caméra de… Vincent Gallo. Ego-trip mélancolique et charnel, l’histoire est celle de Bud, un motard tentant d’oublier son ex-fiancée dans road-trip à travers l’Amérique. Le film a provoqué les ricanements d’une partie de la presse internationale. La célèbre fellation finale, garantie sans truquage par le cinéaste-acteur lui-même, a scandalisé le public à Cannes. Le réalisateur-acteur a assuré ne pas avoir utilisé de prothèse pour simuler l’acte.

Max mon amour (1986), Nagisa Oshima

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Dans cette comédie dramatique réalisé par l’une des légendes du cinéma nippon, une femme, interprétée par Charlotte Rampling, entretient une relation extra-conjugale. Rien de trop choquant jusque-là, mais l’amant en question est un… singe. Une relation zoophile donc. Construit sous la forme d’un vaudeville, mais aussi comme une approche concentrique d’un empêchement, qui est sa raison d’être : impossible de filmer la relation sexuelle entre le singe et sa maîtresse, tous les personnages et les spectateurs se rendent malades d’un voyeurisme qu’ils ne pourront assouvir. Rassurez-vous, le tournage n’a pas été effectué avec un vrai singe. Il s’agit de la marionnettiste Ailsa Berk, connue pour son travail sur « Star Wars, épisode VI : Le retour du Jedi » et « Greystoke ». Malgré tout, la simple imagination d’une relation zoophile a choqué le public cannois et a divisé la presse.

Antichrist (2009), Lars Von Trier

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Si les films précédant ont déclenché quelques réactions vives, les films suivants ont tellement choqué l’audience, que l’odeur du scandale se sent toujours sur la croisette. En 2009, le réalisateur danois, Lars Von Trier réalise « Antichrist » avec Willem Dafoe et Charlotte Gainsbourg en tête d’affiche. Après la mort de leur enfant, un couple se retire dans une maison de campagne reculée où le mari, psychothérapeute tente de soigner sa femme, toujours traumatisée par la perte de son enfant. Projeté en sélection officielle au Festival de Cannes, le film fait polémique. La violence extrême, les scènes de sexe et de mutilation choquent l’audience. La presse le considère comme un film misogyne. Après la projection, Lars Von Trier, agacé par les questions des journalistes déclara : « Je pense que c’est une question étrange de me demander de m’excuser pour mon film, je suis le meilleur réalisateur au monde ». Certains médias qualifieront le film « d’abject et dégueulasse », digne « d’une publicité pour un lave-linge » etc. Ambiance.

Irréversible (2001), Gaspard Noé

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Mieux vaut ne pas avoir l’estomac noué. Irréversible de Gaspard Noé est une vraie expérience de cinéma mais celle-ci n’est volontairement pas agréable. Construit sur un montage antéchronologique et avec Vincent Cassel, Monica Bellucci et Albert Dupontel devant la caméra. Le film se compose quasi-exclusivement de plan-séquence, et est d’une violence inouïe. Les premiers instants du film nous montrent un Albert Dupontel frappant une personne avec un extincteur. La musique proche de l’infrason, en basse fréquence peut causer des nausées et des vertiges. Mais le plus dur arrive dans la deuxième partie. Une scène de 10 min en plan fixe dans laquelle, on assiste impuissant à un viol d’un réalisme effrayant. Durant sa projection à Cannes, le film divise. De nombreux invités quitte la séance, d’autres cries au génie. Une chose est sûre, le film est devenu scandaleusement culte.

La Grande Bouffe (1973), Marco Ferreri

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L’un des rares films à pouvoir vous dégoûter de la nourriture. Marco Ferreri réunit un casting cinq étoiles : Marcello Mastroianni, Phillipe Noiret et Michel Piccoli. Dans ce film, quatre hommes décident de se réunir dans une villa du 16ème arrondissement de Paris pour un « séminaire gastronomique ». En réalité, il s’agit d’un suicide collectif en mangeant jusqu’à ce que mort s’ensuive. Cette orgie culinaire est une critique de la société de consommation moderne, des abus et des excès qu’elle procure. Le public de la croisette ne l’a pas loupé d’autant plus qu’il dénonce indirectement le faste et l’abondance du Festival de Cannes. Le film est hué. Phillipe Noiret se fendra d’une déclaration légendaire : « Nous tendions un miroir aux gens et ils n’ont pas aimé se voir dedans. C’est révélateur d’une grande connerie. »