Western : La traversée du désert

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Considéré comme l’un des genres les plus marquants du cinéma américain. Le Western a connu un âge d’or dans les années 40-50 avant de petit à petit péricliter jusqu’à devenir quasiment absent du paysage cinématographique. Pourquoi ce genre si apprécié a-t-il pratiquement disparu ?

La période classique

Elle est bien loin l’époque où John Wayne était la star des écrans. En effet, le Western n’est plus vraiment ce qu’il était. Il fût un temps où deux westerns étaient à l’affiche chaque semaine dans les salles obscures américaines. Le succès du western est intimement lié à l’histoire des Etats-Unis. Ce genre est né en même temps que le cinéma. De fait, les héros de l’Ouest comme Buffalo Bill ou Wyatt Earp étaient encore vivants lorsque les premiers westerns sortirent en salle. Des films qui présentaient l’américain blanc triomphant face aux indiens. Ce genre cinématographique s’inscrit dans une logique patriotique, qui forcement plait au public américain. A partir des années 1930, on entre dans la période classique du western avec des films tels que : « La chevauchée fantastique » « Rio Grande » « Règlement de compte à O.K Corral » « Rio Bravo », etc. Bien que d’excellentes factures, ces films se caractérisent par un manichéisme exacerbé. Le héros sans défaut et le bandit sans foi ni loi. Le schéma classique du bon et du mauvais. Jusqu’au milieu des années 1960, le western classique va rencontrer un franc succès.

Western spaghetti et crépusculaire

En effet, la guerre du Viêt Nam change complètement la société américaine. Le triomphalisme du western classique ne semble plus adapté à l’époque. C’est donc à ce même moment que des cinéastes européens vont s’emparer du western pour le réinventer. Le principal instigateur de ce renouveau est Sergio Léone. Réalisateur italien, il invente le Western Spaghetti. Le manichéisme laisse place à des personnages bien plus réalistes et complexes. Les héros deviennent des hommes qui n’hésitent pas à tuer sans vergogne. La violence graphique et morale est plus présente. La « trilogie du Dollar » et « Il était une fois dans l’Ouest  » constituent les œuvres les plus marquantes du western spaghetti. Ce sous-genre va connaitre une extension avec les films de Sam Peckinpah. Il s’agit du western crépusculaire, dans lequel les personnages sont ambivalents et constituent des anti-héros. De même la violence fait légion. L’exemple le plus parlant est « La horde sauvage » de Peckinpah, film dans lequel le sang est omniprésent.

La fin d’un mythe

Le western s’est donc adapté au contexte américain de l’époque. Toutefois d’autres facteurs peuvent rentrer en compte pour expliquer la chute du western. En effet, il y a eu un effet de lassitude de la part du public. Le western était partout : Cinéma, télévision. Série B, série Z, le western s’est décliné sous toutes ses formes. D’autre part, dans les années 1970, l’arrivée d’un film comme « Star Wars » change complètement le paysage cinématographique américain. Considéré comme un genre mineur, la science-fiction devient respectée et de nombreux films de ce genre voient le jour : « Rencontre du troisième type, Blade Runner, Alien, Star Trek ». Les westerns étaient les grosses productions d’antan; aujourd’hui ce sont les films de super-héros, d’action et de science-fiction qui ont les plus gros budgets. Par ailleurs, le western ne permet pas de faire du marketing et vendre des produits dérivés, devenus essentiels pour les gros studios hollywoodiens. Logiquement le public s’est lassé. Certains westerns sortent en salle de manière épisodique. Il arrive parfois qu’ils soient de très bonne facture et aient du succès au box-office comme « Impitoyable » de Clint Eastwood et « Django Unchained » de Quentin Tarantino. Mais il semble difficile de relancer le genre. Les rares westerns qui sortent au cinéma n’engendrent pas bénéfices et les budgets alloués sont de plus en plus dérisoires pour tout réalisateur se voulant ambitieux.

Le western n’est plus qu’un vestige d’un passé glorieux : un mythe.