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Plus d’un mois après leur dernière manifestation, les trois professions se sont à nouveau rassemblées en réponse à l’appel des syndicats ce lundi matin. Ils protestent contre les réformes à venir, notamment celle de la loi mobilité.

Ce matin, plus de 415 km de bouchons étaient à déplorer sur les routes parisiennes. La préfecture de Paris « conseille aux automobilistes de contourner très largement les abords des zones concernées et d’éviter les itinéraires empruntés ainsi que leurs abords ». Les cortèges doivent se diriger vers la capitale en direction du boulevard Raspail (7e), où une manifestation à pied est ensuite prévue jusqu’à la place du Président-Herriot.

Les taxis en colère

Le combat continue entre les taxis et les chauffeurs VTC. Et l’arrivée du projet de loi mobilité n’a pas fini de les diviser. En effet, cette loi prévoit de donner accès aux VTC à certains droits que possèdent les taxis comme emprunter les couloirs de bus, les stations sur la voie publique, ou encore le conventionnement Sécurité sociale. Une concurrence jugée déloyale par les syndicats, d’autant plus que les chauffeurs VTC ne sont pas soumis aux mêmes contraintes. “Ce sont des choses liées à nos licences ou à nos autorisations que l’on a achetées très cher et aujourd’hui on veut le leur donner comme un cadeau. Cela renforce l’inégalité qui nous oppose. On perd l’essence de notre métier. Le gouvernement doit rétablir l’égalité dans ce secteur”, s’est indigné Karim Asnoun, délégué CGT-Taxis, sur Europe 1.

Auto-écoles VS cours en ligne

Déjà mobilisées le 1er avril dernier, les auto-écoles sont de retour pour contester la réforme du permis de conduire et la généralisation des plateformes d’apprentissage en ligne. Les professionnels du secteur soulignent notamment le manque de pédagogie et de sécurité de ces sites. Par exemple, les processus de recrutement en ligne de ces moniteurs auto entrepreneurs restent flou. Là encore, les syndicats dénoncent une concurrence déloyale à prix minime avec laquelle les autos-écoles ne peuvent pas rivaliser. “En un an, 10 auto-écoles ont fermé” affirme Bruno Macé, gérant d’une auto-école dans la Manche et membre du CNPA. De quoi renforcer le champ d’action des plateformes en ligne. Mais pour lui, des solutions existent : “on pourrait baisser le coût de la formation en utilisant l’argent des radars automatiques dans le permis. Ou bien faire bénéficier les enfants du CPF (compte personnel de formation) de leurs parents salariés car beaucoup ne l’utilisent pas complètement”.

Les ambulanciers également mobilisés

L’association de défense des transporteurs sanitaires (ADTS) réclame la suspension d’une réforme du financement du transport sanitaire. Selon eux, celle-ci menace les petites et moyennes entreprises du secteur. D’après cette réforme, ce ne sont plus les patients mais les hôpitaux et les cliniques qui choisissent la société d’ambulance et en assument le prix. Ainsi, ce n’est plus le patient qu’on rembourse mais l’assurance maladie qui attribue un budget transport aux établissements de santé pour gérer ces déplacements. L’entreprise Keolis du groupe SNCF est de cette façon devenue un leader dans le domaine du transport sanitaire. Les ambulanciers redoutent donc eux aussi une uberisation de leur métier avec l’apparition d’autres compagnies VTC.

Les syndicats ont demandé à être reçu par l’Etat mais pour l’heure, aucune réponse ne leur a été formulé. Si rien ne change, tous se disent dores et déjà prêt à renouveler leur contestation début juin.

 

Charlene Slowik