Google-Huawei, vers une nouvelle guerre froide ?

282
0
SHARE

Le géant américain Google a décidé des suspendre ses services à destination du fabricant chinois de téléphones, Huawei. Cela fait suite au décret de l’administration Trump, interdisant les entreprises américaines à collaborer avec les sociétés « à risques ». Les applications phares de Google comme Youtube, Chrome, Gmail ne seront donc plus disponibles sur les appareils Huawei.

 C’était l’une des promesses de campagne de Donald Trump, « faire la guerre à la concurrence déloyale chinoise ». Depuis le début de son mandat, le président américain mène une politique commerciale sévère envers la Chine : hausse des taxes sur les importations chinoises, relocalisation d’entreprises aux Etats-Unis sous peine de sanction financière et maintenant Google qui suspend ses activités avec Huawei. Petit à petit, les contours d’une nouvelle guerre froide se dessinent entre les Etats-Unis et la Chine.

Après la chute de l’Union Soviétique en 1991, le modèle libéral avait gagné. Même la Chine avait auparavant abandonné l’économie planifiée communiste pour l’économie de marché. Cela a permis à la Chine, au fil des années de quitter son statut de pays sous-développé pour devenir une forte puissance économique mondiale. Toutefois la Chine demeure un Etat autoritaire. Intégré à l’OMC en 2001, les pays occidentaux ont tenté de refréner la montée en puissance de la Chine par le biais de sanctions économiques. Paradoxal, quand on sait que les occidentaux ont justement contribué à la progression économique de la Chine. En effet, en délocalisant leurs entreprises pour profiter des faibles coûts de la main d’œuvre chinoise, les entreprises occidentales ont permis un transfert de technologie et de compétences vers les entreprises chinoises. Et comme le rappelait le Britannique Martin Jacques dans son livre When China Rules the World: The End of the Western World and the Birth of a New Global Order publié en 2009, « en devenant une puissance globale, la Chine aura tendance à voir le monde à travers les prismes de sa propre histoire et cherchera à « reconfigurer le monde à son image». Comme l’URSS avait tenté de le faire par le passé.

Mais là, il ne s’agit pas d’un conflit idéologique mais bien d’une guerre commerciale. Si l’émergence de la Chine a pu servir les intérêts économiques par le passé, l’administration Trump a choisi de réagir.

Google et Huawei ne sont qu’un exemple parmi tant d’autres. Il est important de rappeler que dès le début de son mandat, Donald Trump a provoqué la Chine en ayant des entretiens téléphoniques avec Tsai Ing-wen, la présidente de Taiwan, violant la politique de la Chine unique. Par ailleurs, Donald Trump accuse de manière saugrenue, la Chine d’avoir « inventé » le réchauffement climatique.

Avec ses nombreux décrets anti-chinois, le président Trump entend bien freiner l’émergence de la Chine au niveau mondial. Comme avec l’URSS, Donald Trump utilise le Soft Power. Pas de conflit armé direct, mais simplement une lutte d’influence avec des moyens non coercitifs.

Quoi qu’il en soit, le spectre d’une nouvelle guerre froide plane encore une fois sur les acteurs du commerce international. La guerre commerciale est plus que jamais lancée.