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Comme beaucoup d’autres, vous faites peut-être partie de la génération Pokémon. Ces enfants qui ont passé des heures entières sur le petit écran de leur Gameboy à parcourir cet univers peuplé de créatures fantastiques. Si tel est le cas, votre cerveau s’en est probablement trouvé modifié. C’est ce qu’ont montré les chercheurs d’une équipe de l’Université de Stanford.

Une découverte aussi surprenante qu’insolite

Rassurez-vous, votre cerveau va bien ! Les jeux Pokémon ne vous ont pas lobotomisé. Mais selon une étude, l’exposition à ces jeux pendant de longues heures, sur plusieurs années durant l’enfance, a fini par créer dans votre cerveau une région spécialisée dans la reconnaissance des pocket monsters. Cette région se situe dans les parties moyenne et postérieure du sillon occipito-temporal, qui est une sous-zone du cortex visuel. Voilà. Ça vous fait probablement une belle jambe. Mais n’est-ce pas curieux de s’imaginer que certains cerveaux possèdent une région exclusivement dédiée à la reconnaissance des pokémons ?

Qu’est-ce qui a poussé ces chercheurs à se pencher sur une question aussi insolite ? Depuis longtemps, les scientifiques savent que certaines parties spécifiques du cortex visuel, sont spécialisées dans le traitement d’informations bien précises (reconnaissance des visages, lecture des mots). Les chercheurs de Stanford se sont demandé pourquoi, à l’inverse, certaines informations ne disposent pas d’une région du cortex correspondante pour les traiter. Il ne semble pas, par exemple, qu’il existe une région spécifique chargée de la reconnaissance d’une table.

Une expérience inédite et originale

Les scientifique ont donc décidé de faire une étude comparative sur un panel de 22 individus : 11 d’entre eux ayant joué à Pokémon entre leurs 5 ans et leurs 8 ans, et les 11 autres n’ayant jamais connu cette chance. L’expérience consistait à faire défiler des images aux participants tandis qu’ils étaient placés dans une machine IRM afin d’observer les réactions de leurs cerveaux face au stimulus.

L'expérience réalisé par les neuroscientifiques de Stanford

3 types d’images ont été favorisés : des images de pokémons bien sûr, et puis des images d’animaux et de dessins animés. Et les résultats ont été concluants. Les novices avait une activité cérébrale presque identique face à ces trois catégories d’image. Alors que les joueurs expérimentés présentaient une réponse spécifique, dans une région particulière du cortex visuel face aux images de Pokémons.

D’autres expériences sur la mémoire, ont déjà mis en évidence des résultats allant dans le même sens. En 2005, une autre équipe de neuroscientifiques avaient mis en évidence l’existence d’un « neurone Jennifer Anniston », un neurone bien précis, ne réagissant qu’à la vue d’images de l’actrice américaine. Une preuve que chaque type de souvenir est associé à une région très précise du cerveau.

Alors, si vous aussi avez passé des heures entières de votre enfance à capturer des bulbizarres, pikachus et autres salamèches, sur votre console de poche, il est très probable que vous possédiez également cette région pokémon au sein de votre cerveau !

Luc Lallemand