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Dans son rapport du 5 juin 2019, l’ONG dénonce les actions des autorités françaises qui agressent les bénévoles venant en aide aux réfugiés et demandeurs d’asile.

Les autorités dans la ligne de mire d’Amnesty International. Dans son nouveau rapport l’ONG appelle la France à « mettre fin au harcèlement et aux agressions » à l’encontre des défenseurs des droits humains qui aident les migrants à Calais et Grande-Synthe. 

Le démantèlement de la jungle a aggravé la situation

Deux ans et demi après le démantèlement de la jungle de Calais, 1200 réfugiés et migrants, dont des mineures non accompagnées, vivent dans des tentes informel aux abords de Grande-Synthe. Des campements sans accès à l’eau potable. Depuis ce démantèlement, les défenseur des droits disent subir « des pression constantes ». Selon le rapport, leurs actions sont : « soumis à des actes d’intimidation et de harcèlement, à des mauvais traitements et, dans certains cas, font l’objet de poursuites judiciaires infondées ». J’ai quitté mon pays en quête de sécurité, mais ici je suis victime de violences policières… La police vient tous les jours pour prendre ma tente et mes vêtements. » Dénonce un migrant iranien dans le texte de l’ONG. 

 

Les autorités font obstruction aux bénévoles 

L’an dernier, quatre organisations ont publié un rapport faisant état de 646 cas de harcèlement et de violences imputables à la police contre des bénévoles entre novembre 2017 et juin 2018.  72 cas de violences depuis 2019 ont été enregistrés envers les bénévoles, mais « ce chiffre est probablement bien en dessous de la réalité » selon le rapport. Des manœuvres d’intimidation, visant les associations qui ont eu un pic durant l’été 2018 selon Éléonore Vigny qui a participé au projet observateur des droits humains à Calais. « En avril et mai 2018, il y a eu plusieurs fouilles au corps, en particulier de femmes bénévoles, parfois effectuées par des policiers hommes… », déclare-t-elle dans le rapport. Plus de 60 plaintes ont été déposées par la Cabane juridique entre janvier 2016 et avril 2019, une organisation locale de défense des droits humains. « Je me sens coincé entre les besoins criants des personnes que j’essaie d’aider et les manœuvres d’intimidation des autorités françaises, qui essaient d’entraver l’action humanitaire et d’ériger nos activités en infraction. Ce n’est pas un environnement de travail durable pour nous et ce sont les personnes que nous aidons qui en pâtissant » expliquent Loan Torondel. 

Le rapport rappelle, également, le cas du Britannique, Tom Ciotkowski. Ce militant a observé des CRS en train de procéder à des contrôles d’identité sur des bénévoles à Calais, il aurait été victime de violences selon l’ONG. Il est poursuivi en justice pour « outrage et violence », son procès doit s’ouvrir le 13 juin à Boulogne-sur-Mer.  Pour réaliser cette enquête, l’ONG a rencontré 38 défenseurs des droits humains entre août 2018 et janvier 2019, dont des bénévoles, et des membres d’une dizaine d’associations qui sont basées à Calais et Grande-Synthe. 

Florent Jacono