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Revenons sur un mouvement musical hors du commun. Elles crient très fort, parce qu’elles ont envie de se faire entendre : les Riot Grrrl. Elles ont marqué les années 1990 et 2000, et leur message reste toujours d’actualité aujourd’hui. 

RAPPELEZ -VOUS  DE  CE  MOUVEMENT

Riot Grrrl est un mouvement musical qui apparaît aux États-Unis dans l’état de Washington ainsi que dans les villes de Portland et d’Olympia au début des années 1990. Ce mouvement est inspiré et influencé par de nombreuses musiciennes punk-rock des années 1970 et 1980.

À New York durant les années 1980, de nombreuses chanteuses folk vont de plus en plus avoir des textes engagés. L’origine du terme Riot Grrrl remonte aux émeutes s’étant déroulées à Washington DC en 1991, Jen Smith, à l’époque membre du groupe Bratmobile, aurait envoyé une lettre à Allison Wolfe dans laquelle elle aurait écrit: « Cet été va être une émeute de filles ».

Plus tard, la presse écrite qui s’intéresse au grunge ainsi qu’au rock alternatif attribuera le terme de Riot Grrrl aux groupes féminins qui s’apparentent à ces genres musicaux. Il est important de souligner que ce terme était autrefois attribué au groupe L7, dû à leurs implications dans les « Rock for Choice », des séries de concerts destinés à financer des campagnes de sensibilisation pour le droit à l’avortement.

Le Riot Grrrl se fera connaître grâce à l’International Pop Underground Convention, un festival de musique indépendant organisé par K Records.La première nuit de ce festival, appelée « Love Rock Revolution Girl Style Now », permettra au mouvement de se faire connaître aux yeux du grand public.

Ce festival permettra également aux différents groupes de Riott Grrrl de se rencontrer et elles pourront ainsi nouer des liens qu’elles n’auraient pu créer en ne communiquant que par e-mail ou par appel téléphonique.

L’ESPRIT  DES  RIOT  GRRRL : UN  IMPACT  CONSIDÉRABLE  SUR  SCÈNE

C’est ainsi que ces femmes actives dans les milieux sous-culturels punk-rock de Washington DC, Seattle et Olympia se sont retrouvées et ont créé ce mouvement. Artistes et activistes, elles se rassemblaient hebdomadairement autour de luttes communes contre les attitudes sexistes et misogynes dans leur milieu. 

Au fil du temps, le mouvement a pris une ampleur considérable dans les villes américaines. Les protestations des Riot Grrrl interpellaient un plus grand nombre de femmes. Elles se sont ainsi liées pour rédiger un manifeste qui avait pour but de concrétiser la politique féministe et culturelle de leurs revendications. C’est en 1991 que le « Riot Grrrl Manifesto » est publié dans le fanzine Bikini Kill Zine 2. Celui-ci se constituait en 16 points, qui définissaient bien les objectifs et l’esprit de Riot Grrrl. Voici quelques points cités dans ce manifeste :

« PARCE QUE nous les filles avons soif de disques, livres et fanzines qui nous parlent, dans lesquels nous nous sentons inclues et que nous pouvons comprendre à nos propres façons. »

« PARCE QUE nous voulons rendre plus facile pour les filles de voir/entendre le travail des autres filles, et pouvoir ainsi partager leurs savoir-faire, se critiquer ou s’applaudir. »

« PARCE QUE nous ne voulons pas intégrer les standards des autres (les hommes) sur ce qui doit ou ne doit pas être. »

« PARCE QUE nous sommes en colère contre une société qui nous dit qu’une Fille = Stupide, Fille = Mauvais, Fille = Faible. »

RIOT GRRRL ARE STILL HERE

Les Riot Grrrls composaient des chansons qui dénonçaient le sexisme et qui évoquaient également certains problèmes féminins, notamment le viol. Elles « jouaient »  avec l’image de la femme  tout en la déstructurant. 

C’est ainsi que naît le « kinderwhore » sur scène, un style contrasté entre des vêtements et un comportement de petites filles et une musique beaucoup plus trash.

Les valeurs et l’esprit révolutionnaire de ce mouvement sont encore d’actualité, et font penser à un mouvement qui a eu une résonance médiatique sans précédant : #MeToo. Se sont, comme les Riot Grrrl, des femmes qui se osent et se dévoilent pour se faire entendre, et motiver le monde à écouter les femmes. 

Cynthia Lambert