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Fabriqués en Pologne, une entreprise française fournissait de « faux steaks hachés » à des associations caritatives…

 Mais que s’est-il passé ?

C’est l’heure du nouveau scandale alimentaire ! En effet, depuis juillet 2018, 780 tonnes de steaks hachés auraient été vendu à des associations humanitaires, tels que la Croix Rouge, Les Restos du Cœur, le Secours Populaire Français et la Fédération française des banques alimentaires. Au total, un achat groupé de steaks hachés d’une valeur de 5,2 millions d’euros.

Comment cela fonctionne ? De base, les viandes sont achetés dans le cadre d’un marché, financé par le Fonds Européen d’Aide aux plus Démunis (FEAD). Il s’agit d’un programme muni d’un budget de 557 millions d’euros, estimations de 2018, et contrôlé par Bruxelles. Son but ? Soutenir les actions menées par les pays de l’Union Européenne, pour apporter une aide alimentaire ainsi qu’une assistance matérielle aux plus démunis. En claire, il faut sortir ces gens de la pauvreté et de l’exclusion sociale.

Chaque année, la France réalise des appels d’offres grâce aux fonds de la FEAD, pour obtenir une quantité importante de nourriture au meilleur prix, auprès des fournisseurs. Les différents appels d’offres sont ensuite, attribués aux entreprises sur la base de plusieurs critères: l’élément « dominant » reste le prix, mais d’autres aspects, comme la qualité des produits.

Là en l’occurence, le goût, la couleur et la texture du steak haché ne leur paraissaient pas habituelles. Après avoir suspendu la distribution, les associations ont fait analyser cette viande par les services de la répression des fraudes. Le verdict est sans appel… ces steaks ne contenaient pas de la viande mais du gras, pas de muscle mais de la peau. Le tout mixé avec du soja et de l’amidon, des produits non-autorisés dans des steak hachés, avec un réemploi aussi de viande transformée.

Un danger pour la santé ?

La réponse est non. Même si ces matières premières sont de très mauvaise qualité, elles ne représentent aucun danger. L’entreprise française accusée, a malgré tout réussi à distribuer près de 7 millions de steaks hachés.

L’entreprise a choisi de les faire fabriquer en Pologne, pour baisser ses coûts de production et augmenter sa marge. Autrement dit, pour se faire de l’argent sur le dos des plus démunis. Les fraudeurs encourent donc, 2 ans de prison et 1,5 million d’euros d’amende pour tromperie et fraude en bande organisée.

Lisa Herrera