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Après l’Uruguay, certaines provinces du Canada et quelques états des États-Unis, la France veut elle aussi légaliser le cannabis. Dans un rapport publié le 20 juin 2019, le Conseil d’analyse économique (CAE) met en avant plusieurs arguments.

Des vertus thérapeutiques

Selon les médecins, le cannabis aurait des vertus thérapeutiques, ce serait un antidouleur. S’il est légalisé, il sera destiné aux patients dont les symptômes n’ont pu être atténués par les médicaments. Les douleurs neuropathiques, certaines formes d’épilepsie sévères, les soins de support en cancérologie, les soins palliatifs et spasticité douloureuse de la sclérose en plaques ou des autres pathologies du système nerveux central ont été retenues par les médecins.

La voix d’administration fumée est exclue puisqu’un joint n’est pas saint pour la santé. Il est tout aussi cancérigène que le tabac. Les expérimentations devraient débuter en 2020 et c’est des dizaines de milliers de malades qui seraient concernés.

Cependant, si le cannabis devient légal seulement pour des raisons thérapeutiques, les trafics ne vont pas s’arrêter. C’est pour cela que l’État veut le légaliser totalement afin de faire baisser la criminalité et diminuer la consommation chez les jeunes.

Une légalisation totale ?

Dans le rapport du Conseil d’analyse économique, plusieurs points sont abordés afin de montrer les avantages d’une légalisation totale. Cela va permettre à l’État de gagner de l’argent et de créer des emplois. Cette légalisation aurait des retombées économiques énormes. Avec un gramme de cannabis à 9 euros contre 11 euros dans la rue et des ventes estimées à 500 tonnes par an, c’est 2 milliards d’euros de recettes fiscales qui pourraient être encaissés. Selon les économistes : « un tel prix permettrait à la fois de lutter contre le marché illégal en ayant dans le même temps un niveau de taxation similaire à celui du tabac ».

Pour les économistes, cette légalisation n’aurait pas qu’un aspect financier. Ils souhaitent que cela favorise la lutte contre le crime organisé et la restriction de l’accès du produit aux plus jeunes. Pour rappel, les Français, et en particulier les mineurs, font parti des plus gros consommateurs de cannabis de l’Union européenne.

C’est pour cela, qu’il faut créer un « monopole public de production et de distribution du cannabis » avec des producteurs agréés et des boutiques spécialisées. Cela inciterait à la création de 27 500 à 57 000 emplois en France.

Laura Girard