Dérèglement climatique: ils doivent tout quitter

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Dans un rapport publié en Mars 2018, la banque mondiale tire la sonnette d’alarme. D’ici 2050, 143 millions de personnes pourraient être obligées de quitter leur région à cause du changement climatique. Selon l’ONU, le nombre d’immigrés climatiques pourrait même atteindre 250 millions de personnes. 

Les plus grandes victimes du dérèglement climatique 

Le dérèglement climatique va contraindre de plus en plus de personnes à quitter leurs pays, particulièrement dans trois régions. La plus touchée par ce phénomène va être l’Afrique sub-Saharienne dont la part d’émigrés climatiques représentera en 2050, 55% du nombre total des migrations dues au climat. L’Amérique latine et l’Asie du sud seront aussi touchées. Seront ou plutôt: sont car le dérèglement climatique a déjà de nombreuses conséquences. 

En 2019, le climat déplace plus de personnes que les tentions économiques et sociales. La situation est déjà catastrophique puisque les autorités sanitaires recensent environ 26 millions de personnes contraintes de fuir à cause des conditions climatique qui se dégradent.

 Cependant, la situation climatique n’allant pas en s’arrangeant avec le temps le nombre d’émigrés climatique va augmenter ces prochaines années. 

L’Inde face à l’accès à l’eau

Dans le deuxième pays le plus peuplé du monde, la situation est catastrophique. À tel point qu’en mai 2019, le gouvernement a décidé de créer un ministère de l’eau. Le pays a longtemps été pointé du doigt par les ONG car plus de la moitié des personnes ne disposent pas d’un accès direct à l’eau, ce qui conduit de plus en plus de personnes à fuir.

Canicule: 50.8 degrés recensés en Inde

Depuis début juin 2019, une forte vague de chaleur sévit en Inde et particulièrement au nord du pays. Les températures oscillent entre 45 et 50 degrés. New Delhi a enregistré 48 degrés lundi 17 juin 2019. Momentanément, Churu est même devenu l’endroit le plus chaud de la planète. Cet épisode caniculaire rend l’accès à l’eau encore plus compliqué. 

78 morts 

Cette épisode météorologique qui est à peine moins intense que la pire canicule qu’a connu le pays génère des conséquences catastrophiques. 80 personnes sont décédées en seulement deux semaines et les populations désertent les villages du nord du pays. Un journaliste présent sur place raconte que « 90% de la population aurait fui, laissant les malades et les personnes âgées se débrouiller seules face à une crise de l’eau qui ne montre aucun signe de ralentissement ». 

Les états les plus touchés sont l’Uttar Pradesh et le Bihar situés au nord de l’Inde. La majorité des victimes sont des personnes âgées de plus de 50 ans. Plus généralement, c’est le pays entier qui est touché: partout, des habitants ont du fuir leurs villages à cause de la sécheresse et se sont réfugiés dans des camps en attendant la mousson qui est déjà en retard. 

Pour Françoise Vimeux, climatologue à l’institut de recherche et de développement « c’est toute la problématique des réfugiés climatiques qui commence à se poser ».  

« J’ai seulement eu le temps d’évacuer ma famille »

Inondations, montée du niveau de la mer, sécheresse, appauvrissement des sols, diminution des ressources alimentaires. Ce ne sont que quelques unes des conséquences du dérèglement climatique. L’Inde n’est pas la seule à être touchée. En Afrique sub-saharienne, certains ont déjà tout perdu. 

En Côte d’Ivoire par exemple, la montée du niveau de la mer a déjà contraint certains habitants à tout abandonner pour rester en vie. « Une nuit, j’ai senti des vagues qui frappaient … Je n’ai eu que mes yeux pour constater les dégâts » explique Dominique Sedji , pêcheur ivoirien qui a vu sa maison balayée par les vagues. 

« la pluie ne tombe pas pendant la saison des plantations, mais quand nous n’en voulons pas. Je ne voulais pas souffrir davantage, j’ai voulu tenter ma chance en ville et je suis venue à Hawassa », raconte Wolde Danse, un éthiopien de 28 ans. 

L’eau: un graal 

« Plus que les chaleurs extrêmes, c’est l’eau dans tous ses états qui risque d’engendrer d’immenses déplacements de population ». Selon la climatologue Françoise Vimeux, même si la chaleur a des conséquences graves, le vrai problème est celui de l’eau. La fonte des glaces entraine la montée des eaux et des inondations. En 2018 au Bangladesh par exemple, de nombreuses familles avaient tout perdu suite aux inondations dévastatrices qui avaient ravagé une partie du pays.  A l’inverse, la sécheresse peut aussi tuer comme c’est le cas actuellement en Inde ou encore au Soudan où elle a entrainé une famine touchant plus de la moitié de la population. 

 

Elodie CHALANDRE