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Ce lundi, 24 juin 2019, le ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer a annoncé le report du diplôme national du brevet. Initialement prévu pour jeudi et vendredi 27&28 juin, les collégiens plancheront finalement le 1&2 juillet 2019. La cause: la canicule.  

La France est touchée par un violent épisode de canicule. Des températures avoisinant les 40 degrés sont sensées toucher le pays dès mercredi 25 juin 2019. Les températures ressenties seront comparables à celles du mois d’août 2003. Le taux d’humidité de l’air étant très élevé. 

Le report du brevet

« Au regard de l’intensité de la canicule, en accord avec le premier ministre et en lien avec le ministre de la santé, j’ai pris la décision de reporter le diplôme national du brevet » a annoncé ce lundi 24 juin 2019 Jean-Michel Blanquer le ministre de l’éducation nationale. C’est la première fois que le gouvernement prend une telle décision depuis 1947, date de création du diplôme. 

Un report organisé 

« Nous nous y prenons avec plusieurs jours d’avance en ayant étudié toutes les possibilités donc nous sommes encore dans les temps pour tout organiser… faisons preuve de cohésion nationale…. Je n’ai aucun doute sur notre capacité à le faire » s’est défendu le ministre face aux critiques qui n’ont pas tardé à venir. Il a expliqué qu’il n’y aurait aucun manque d’organisation et que les épreuves se dérouleront normalement. 

Les convocations seront réimprimées dès demain, mardi 25 juin. Rien ne changera hormis les dates a assuré le ministre. Les horaires des épreuves et les lieux seront les mêmes. 

Les avis divergent

Chez les collégiens, les avis divergent : « c’est nul, je veux être en vacances !» répond Océane quand on lui demande ce qu’elle pense du report du DNB. Cette collégienne bretonne qui s’apprêtait à passer le brevet en fin de semaine ne se sent en réalité pas très concernée: « ici, il ne fait pas très chaud donc pour nous, c’est juste du temps en plus pour réviser ». La jeune fille comprend tout de même la décision du gouvernement: « dans d’autres régions, il va faire très chaud donc c’est une bonne chose car c’est impossible de travailler avec 40 degrés ». 

Une annonce qui a étonné

« On était en cours de sciences à s’entraîner sur des sujets de SVT quand la prof a reçu une notification d’un média sur son téléphone » raconte Océane. Elle explique que lorsque la professeure a annoncé la nouvelle, elle et ses camarades étaient tous très étonnés. Ils ont même pris l’annonce avec méfiance. 

 

Une pétition contre le report du DNB

Des collégiens ont lancé une pétition sur internet pour montrer leur désaccord avec le report du brevet. Ils évoquent notamment les vacances qui ont déjà été réservées ainsi que les billets de train/avion. Parfois, les cours ont lieu sous la canicule et que cela ne dérange personne, écrivent ils.

 Le rédacteur de cette pétition témoigne: « l’an dernier et bien d’autres années, il y a eu des canicules et nous étions entrain de mourir sous la chaleur». Puis il ajoute : « j’ai eu cours de français sous 37° aujourd’hui. (…) Il faisait une chaleur à crever et aucune installation contre ceci ». Le collégien dénonce l’incohérence du gouvernement. Il explique qu’avec le collectif qui a créé la pétition, ils souhaitent juste se faire entendre. 

Les réactions de ceux qui ont passé le brevet il y a quelques années

Pour Sacha, étudiant de 21 ans: « c’est un peu exagéré le report. Ça fait une semaine qu’on sait qu’il va faire chaud. Tu t’organises et puis c’est pas comme ci les épreuves du brevet étaient super longues, il me semble que c’est 2h00 ». Pour Lisa, elle aussi étudiante, la décision du gouvernement est la bonne: : « le report est une bonne chose tu peux pas te concentrer quand il fait trop chaud »

Un manque d’organisation 

Tous dénoncent le manque d’organisation: « 1cm de neige et le pays est paralysé, 25 degrés pareil » selon Luc. « il faut s’organiser, la France ne sait pas gérer ce genre de chose.Dans les autres pays ils sont plus avancés alors qu’il fait plus chaud » explique Lisa. 

Selon Stéphanie, mère de famille dont la fille est en troisième: « c’est embêtant car les élèves vont être plus stressés et comment vont faire ceux qui ont réservé des vacances? ». Elle ajoute qu’ « Il va falloir adapter les classes car ces épisodes vont se multiplier. On ne peut donc pas reporter tous les examens comme cela. Cependant, vu les conditions cela reste un choix logique ». 

Un manque de moyens

Pour Florent, journaliste qui s’est penché sur la question le vrai problème n’est pas tant la chaleur: « dû à un manque de moyens, les profs ne peuvent pas appliquer les conseils canicules du gouvernement ».

En effet, la distribution d’eau ainsi que la mise en place d’espaces « frais » sont prévus par le gouvernement. Pourtant, rares sont les établissements où ces mesures peuvent être appliquées.

Elodie CHALANDRE