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Après 26 ans de détention, Jean-Claude Romand, condamné à perpétuité pour l’homicide volontaire de sa femme, ses deux enfants et ses parents, est sorti de prison dans la nuit du 27 au 28 juin 2019.

C’est sous surveillance et avec l’obligation de porter un bracelet électronique que le faux médecin a été libéré de détention. Selon une source proche, Jean-Claude Romand est parti s’installer dans l’abbaye de Fontgombault dans l’Indre. Des horaires, où il devra rester chez lui, ont été mises en place, une sorte de pointage à heure fixe. Il ne pourra pas parler à l’entourage des victimes, ni se prononcer sur le crime. Il ne peut également pas se rendre dans les régions d’île de France, Bourgogne-Franche-Comté et Auvergne-Rhône-Alpes.  

L’affaire Roman 

Le drame remonte aux années 1990. Échouant en faculté de médecine, Jean-Claude Romand ment sur sa profession pendant plus de quinze ans, se prétendant médecin chercheur à l’OMS de Genève. L’homme vivait en fait d’escroqueries, en présumant placer les économies de ses parents et amis en Suisse. 

C’est le 9 janvier 1993, que tout dérape. Sur le point d’être découvert, Jean Claude Romand assassine sa femme dans leur chambre conjugale à l’aide d’un rouleau à pâtisserie, ainsi que ses deux enfants âgés de sept et cinq ans, d’une balle de carabine à l’arrière du crâne. Dans la même journée il tuera ses parents et leur chien après avoir dîné chez eux. Il épargnera sa maîtresse et tentera de se donner la mort à son domicile en y mettant le feu et en avalant des barbituriques. Les pompiers retrouvent Jean Claude Romand inconscient et les corps de sa femme et de ses enfants enduits d’essence. Il laisse un mot dans sa voiture :« un banal accident et une injustice peuvent provoquer la folie. Pardon » 

La condamnation

Le 2 juillet 1996, il est condamné à la reclusion criminelle à perpétuité, il purgera sa peine à Châteauroux dans l’Indre. C’est le 25 avril 2019 que la cour d’appel de Bourges décide d’accepter la mise en liberté conditionnelle du criminel, qui était libérable depuis 2015. la décision ne convient pas à tout le monde, notamment à son ex beau frère, qui s’exprime :” C’est comme une impression d’être assommé quelque part par cette décision que nous ne pensions pas être réelle un jour. » L’homme le qualifie également de menteur et de manipulateur et est très inquiet concernant l’évolution de sa personnalité. 

Cette tragédie aura inspiré la littérature et le cinéma, avec L’adversaire, sorti en livre en 2000, écrit par Emmanuel Carrère, et en film en 2002 réalisé par Nicole Garcia.

Julie Saliba