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Son dernier dessin qui prône le « body positive » cartonne sur Instagram. Angèle, plus connue sous le pseudo @angelethm a accepté de se confier pour Resonews. Cette jeune artiste de 17 ans, passionnée d’art a trouvé son moyen d’exprimer ses convictions. 

Elle s’appelle Angèle, est âgée de 17 et vient de terminer sa première littéraire. Vous ne la connaissez peut-être pas mais vous avez sûrement vu son dessin sur Instagram. Depuis plusieurs jours, il tourne un peu partout sur le réseau social: « je ne pensais pas qu’il y aurait autant de partages et de likes. Des influenceuses, des humoristes ont partagé mon dessin, je ne m’attendait pas à cela! » confie la jeune Angevinne.

Le « Petit rappel pour l’été » d’Angèle compte déjà plus de 200 000 likes et près de 2 000 commentaires. Habituellement, c’est entre deux et cinq mille personnes qui double cliquent sur les dessins de la jeune fille. 

Passionnée depuis l’enfance

Passionnée d’art depuis toute petite: « l’ambiance familiale m’a donné la passion du

Dessin qu’Angèle a publié sur Instagram sur le « no-bra »

dessin. À la maison, on est très axés sur l’art. Ma mère peint et mon père dessine des maisons, il est architecte ». Angèle a lancé son compte Instagram en février 2018. Initialement pour partager ses dessins, elle pense aussi à son futur professionnel: « j’ai créé ce compte pour partager mes dessins mais aussi pour m’ouvrir des portes professionnellement car je veux devenir illustratrice ».  Angèle explique: « au début, je trouvais cela marrant de raconter ma vie sans pression ». 

Depuis le collège, la jeune fille est victime de moqueries et a parfois subi le harcèlementAujourd’hui elle a décidé de faire de cela une force. Ses cheveux blonds et bouclés ainsi que sa grande taille lui ont valu de nombreuses critiques mais la jeune fille ne s’est pas laissé abattre. Si elle a garde tout de même des complexes, son intérêt pour le féminisme l’a aidé à en dépasser certains et à s’assumer. 

Son inspiration, Angèle la tire de sa famille, ses amis, son quotidien et son chat qu’elle aime beaucoup et qui la fait rire. Aujourd’hui, elle souhaite: se « décentrer » mais ne pense pas à oublier les illustrations concernant sa vie de jeune fille: « je pense alterner entre des dessins engagés et d’autres plus légers ». 

Un engagement pour l’acceptation de soi 

« Dans ce dessin, j’ai voulu une diversité. Les gens s’identifient et je pense que c’est important. Les mots peuvent exprimer des choses, mais je pense que les illustrations ont un impact plus fort ». C’est sur youtube que la jeune fille a commencé à s’intéresser au féminisme il y presque deux ans. Se sont les vidéos qui lui ont permis de s’ « ouvrir l’esprit et renverser certains préjugés ». Le féminisme lui a permis de s’intéresser aux autres et notamment de se poser des des questions sur la place de la femme dans la société. 

Le « body positive » pour tous

Dessin d’Angèle publié sur Instagram

Sur sa publication, la jeune fille a décidé de bloquer les utilisateurs laissant des commentaires misogynes ou méchants: « je ne veux pas qu’ils aient de la visibilité ». Mais la plupart des retours ont été très positifs: « j’ai reçu des messages de filles et même de garçons qui m’ont dit que mon dessin les aidait à décomplexer. Qu’ils allaient s’assumer sur la plage cet été ».  

Si lorsqu’on parle de complexes, on évoque souvent les rondeurs, Angèle n’a pas oublié dans son dessin de dédier une parties aux femmes maigres. Ces dernières « sont souvent oubliées mais prennent aussi beaucoup de critiques ».

STOP à l’illusion

Si Angèle pense qu’: « il y aura toujours des gens pour rabaisser », elle croit qu’on pourrait limiter les complexes en montrant la vérité dans les magazines et sur les réseaux sociaux. « il faudrait arrêter de montrer du doigt la cellulite des stars » selon la jeune fille. Elle qui pense que les vidéos Youtube sont un très bon moyen de sensibiliser la population au féminisme, voit aussi le revers de la médaille notamment sur Instagram. Elle dénonce « l’utilisation de photoshop sur les posts Instagram » qui montre une fausse réalité pouvant créer des complexes. 

Faire passer le message 

Angèle, du haut de ces 17 ans, soutient les manifestations féministes. Elle se dit « totalement d’accord et contente » que des problèmes comme la précarité menstruelle soient évoqués. Pour Angèle: « c’est naturel et nous confronter au sang des règles peut nous y habituer ». Elle estime qu’il ne faut plus que les règles soient un sujet tabou et qu’ils faut penser aux femmes qui n’ont pas les moyens de se procurer des protections hygiéniques comme les SDF. 

L’art & Internet
Dessin qu’Angèle a publié sur son compte Instagram

Angèle a été sensibilisée à l’égalité femmes-hommes en regardant des vidéos sur youtube. Elle pense « qu’il faudrait développer cela afin de sensibiliser les plus jeunes ».

L’art aussi, peu importe la façon de faire passer le message, l’important c’est que les gens aient une prise de conscience. 

Elodie Chalandre