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AFP

Le climat est tendu dans le pays depuis janvier 2019, quand Juan Guaido s’est autoproclamé « président par intérim du Venezuela ». Depuis 2013, le chef d’État en titre est Nicolas Maduro. Les deux hommes vont reprendre le dialogue cette semaine sur l’île caribéenne de La Barbade.

Un 3e round

Depuis le mois de mai 2019, c’est le troisième pourparler qui a lieu, afin de tenter de sortir le Venezuela de la crise politique. Juan Guaido a déclaré dans un communiqué que cette réunion devra servir à « établir une négociation en vue de sortir de la dictature ».

Il souhaite voir Nicolas Maduro quitter son poste de président car pour lui, c’est un « dictateur et un « usurpateur ». Ce dernier a été réélu en mai 2018, mais beaucoup de ses opposants disent que le vote a été truqué et est donc illégitime. Juan Guaido veut aussi des « élections libres avec des observateurs internationaux ». Nicolas Maduro a quant à lui qualifié l’opposition de « putschiste ». 

Jorge Rodriguez, le ministre de la Communication de Nicolas Maduro, a tweeté :

C’est à Oslo que les deux premières réunions ont eu lieu, mais ça n’a donné aucun résultat.

L’armée de quel côté ?

La semaine dernière, un soldat est décédé en détention « après avoir été torturé ». Le capitaine de corvette, Rafael Acosta Arevalo, était accusé par le gouvernement d’avoir voulu participer à une « tentative de coup d’État » qui a été déjouée. Par conséquent, Juan Guaido avait refusé de nouvelles négociations.

Lors d’un discours pendant une cérémonie militaire, le 8 juillet 2019, Nicolas Maduro a loué la « bonne santé dans l’union, la loyauté et la cohésion » de l’armée. Juan Guaido a lui aussi besoin de l’armée afin de renverser l’actuel chef d’État. Ce dernier, étant le président de l’Assemblée nationale, use de son pouvoir pour essayer d’accélérer les choses. Le Venezuela va peut-être refaire son entré dans le Traité interaméricain d’assistance réciproque (Tiar), un accord de défense datant de la Guerre froide. Ceci permettrait une intervention militaire étrangère légale, destinée à renverser Nicolas Maduro.

Michelle Bachelet, la Haute-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, a dénoncé l’« érosion de l’État de droit ». Selon le rapport publié le 4 juillet 2019, près de 7 000 personnes ont été tuées pour « résistance à l’autorité », au cours d’opérations de sécurité. Le gouvernement a estimé que ce rapport était rempli d’« erreurs ».

En plus d’être en crise politique, le Venezuela connaît une crise économique de grande ampleur. Le pays doit faire face à des pénuries de médicaments et d’essence qui se multiplient. D’après l’ONU, c’est un quart de la population qui a besoin d’une aide humanitaire très rapidement.

Laura Girard