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Mardi 9 juillet 2019, la justice a rendu son verdict concernant l’affaire qui opposait le Crédit Lyonnais à l’homme d’affaires. Ce dernier a décidé de le relaxer. 

« C’est ma plus belle chimio » déclare l’homme d’affaires très affaibli par un cancer. Présent et combatif quotidiennement pendant les quatre semaines d’audience, ce mardi matin Bernard Tapie était absent lors du délibéré, trop affaibli. 

Affaire d’escroquerie 

Tout a commencé en 1992 lors de la revente d’Adidas dont était propriétaire Bernard Tapie. Après avoir perdu beaucoup d’argent l’homme d’affaires est placé en faillite. Un litige financier l’opposait alors au Crédit Lyonnais. Tapie estime avoir été berné par la banque à cause du montage financé opaque monté lors de la revente de la marque de sport. 

Après de longues années de bataille judiciaire, un arbitrage composé de Pierre Mazeaud, ancien président du conseil constitutionnel, Jean-Denis Bredin avocat et l’ancien président de la cour d’appel de Versailles Pierre Estoup. 

Un arbitrage controversé 

C’est en 2007 que Bernard Tapie et les représentants du CDR ont accepté le retour au tribunal arbitral. Il est rare d’avoir recours à cette procédure lorsque l’affaire implique l’Etat ainsi que des personnes privées. L’accord trouvé lors de l’arbitrage est accepté par l’État représenté par Christine Lagarde, ministre de la justice de l’époque. 

Le tribunal arbitral avait contraint le CDR à verser à l’homme d’affaires 403 millions d’euros, ce qui avait fait polémique. Le gouvernement n’avait pas demandé de recours à cette décision a été très critiqué, tout comme la neutralité de l’arbitrage. 

La décision judiciaire: Tapie relaxé 

Après avoir été condamné à rembourser les 403 millions d’euros par le tribunal civil en 2015, ce mardi 8 juillet le pénal a rendu son verdict sur l’affaire Tapie. Accusé d’escroquerie en bande organisée Bernard Tapie qui risquait 5 ans de prison ferme a été relaxé. De même pour les autres prévenus. 

Les juges ont estimé qu’il n’y avait pas assez de preuves pour rendre compte d’une escroquerie. Les juges ont trouvé seulement trois éléments inculpant les arbitres. La dédicace de Bernard Tapie à Pierre Estoup en 2010, un rendez-vous entre les deux hommes écrit en 2006 dans l’agenda de M. Estoup et le numéro de téléphone de mr Tapie dans le téléphone du membre de l’arbitrage. 

Bernard Tapie a nié avoir eu de quelconques relation  avec l’ancien président de la cour d’appel de Versailles. Selon les juges: « il y a un doute légitime sur son impartialité » mais les preuves n’ont pas été suffisantes pour inculper les prévenus, malgré l’investigation menée. 

La fin de l’affaire Tapie?

Si le parquet ne fait pas appel, cette décision marque la fin de l’affaire Tapie malgré les zones d’ombre qui persistent. Pourquoi ? Les archives du de crédit Lyonnais ont brulé? Pourquoi l’État a pressé l’arbitrage mais n’a pas demandé de recourt à la décision de l’arbitrage? 

Elodie CHALANDRE