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Il y a une dizaine de jours, la République islamique d’Iran a arraisonné dans ses eaux un pétrolier battant pavillon britannique, le Stena Impero. Les Iraniens se réjouissent ouvertement de ce qu’ils appellent une « humilation ». Cet arraisonnement est considéré comme « une réponse » à celui d’un navire iranien par les autorités de Gibraltar, début juillet -navire iranien soupçonné de livrer illégalement du pétrole brut à la Syrie. Depuis, le Steno Impero est un motif de tension sur la scène internationale. Et de questionnements sur les avancées technologiques iraniennes.

le Stena Impero victime de la technologie russe ?

Mais que faisait un pétrolier anglais dans les eaux iraniennes ? Le MI6 s’interroge sur la possibilité que son système GPS ait été brouillé par les Iraniens eux-mêmes. Cette technologie d’usurpation de GPS, qui produit des données de localisation incorrectes, est russe. Les Iraniens ont d’ailleurs récemment accusé ces derniers d’avoir utilisé cette même technologie pour brouiller les systèmes de leur aviation civile. Et ce n’est pas la première fois que la Russie est mise en cause sur cette accusation.

Le système « GPS »

Aujourd’hui, le système utilisé par la majorité, que ce soit dans le domaine civil comme militaire, est américain. Il se nomme Navstar et a été mis en œuvre par le département de défense en 1973. Il s’est depuis élargi à d’autres utilisations, notamment civiles, depuis 2000.

Basé sur la triangulation (il faut croiser les données de 3 satellites pour obtenir le positionnement), il nécessite pas moins de 24 satellites. Situés à 20.184 km d’altitude et faisant le tour de la terre en 12h, ils sont par ailleurs munis d’une horloge atomique d’une redoutable précision. Cette horloge permet de calculer la vitesse de transmission de l’information et affiner l’exactitude du positionnement. 5 stations au sol se chargent de gérer l’alignement parfait des satellites sur leur trajectoire et de définir les erreurs possibles.

La précision du système GPS est de 10 à 30 mètres.

Utilisations du GPS

S’il nous guide lors de nos trajets, il étalonne également toutes les horloges du monde entier. Imaginez le séisme si les Américains décidaient de dérégler d’un pouillème de seconde les horloges réglant les transactions boursières…

Mais il permet aussi aux agriculteurs d’optimiser l’utilisation de produits, engrais comme pesticides, dans leurs champs.

Au vu de l’affaire Stena Impero et des interrogations du MI6, nous ne pouvons qu’espérer que les pays s’interrogent sur la pertinence de se fier uniquement au système GPS. Que ce soit pour leurs opérations militaires comme pour les utilisations civiles.

Au moment des élections européennes et après la démonstration technologique de nos armées lors du défilé du 14 juillet dernier (cf vidéo ci-dessous), le Président Emmanuel Macron s’est engagé pour la formation d’un corps d’armée européen. Il pourrait être pertinent de renforcer, faire connaître et élargir l’utilisation du système Galileo. Imaginé pour faire pendant au système russe Glonass et chinois Beidou en plus du système américain GPS, ce procédé de positionnement par satellite est encore méconnu du grand public.

Galileo, un système européen performant

Débuté en 1999, lancé en 2003 et dont le déploiement devrait être achevé en 2020, Galileo devrait assurer à l’Europe son autonomie en matière de système de positionnement. Celui-ci sera doté, à terme, de 30 satellites -contre 24 pour le GPS. Si le système GPS permet de dire dans quelle rue vous vous trouvez, Galileo indiquera sur quel trottoir vous vous situez. 

Bien qu’on en parle peu, il est pourtant déjà actif.  Selon Jean-Yves Le Gall, Président du Centre national d’études spatiales et du Conseil de l’Agence spatiale européenne, il compterait plus de 500 millions d’utilisateurs de par le monde depuis septembre 2018. 50 millions de puces sont produites chaque mois pour équiper plus de 120 modèles de téléphone. Pour connaître la liste des terminaux compatibles, il suffit de consulter le site de la GSA* que vous trouverez ici.

Les derniers développements de l’affaire du Steno Impero relancent de façon impérieuse la nécessité pour l’Europe en général et notre pays en particulier de s’assurer une indépendance technologique afin de mieux assurer nos intérêts… et notre liberté.

En attendant, nous ne manquerons pas de conseiller aux navigateurs de se remettre à l’étude du sextant et de la boussole.