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Pour cette seconde partie des 1/4 de finale, l’épreuve du trompe-l’œil était enfin de retour ! Alors, qui a bluffé le Chef Christian Le Squer ? Et l’exceptionnel jury de la deuxième épreuve ? Et surtout, qui a gagné le droit d’aller en 1/2 finale ? Suivez le guide.

Le maître du « trompe-l’oeil »

Des cuisines d’un grand palace à celles de Top Chef, il n’y a qu’un pas. Et pour preuve, la venue d’un habitué de l’émission : Christian Le Squer, Chef 3 étoiles du restaurant « Le Cinq ». Depuis les vestiaires, les candidats et leurs Chefs découvrent l’épreuve qui les attend. En effet, son thème « la nature en trompe-l’oeil » ne s’annonce pas simple, bien au contraire. C’est pourtant ce que veut Christian Le Squer. Les candidats ont 2h00 pour lui présenter une assiette à la fois de haut niveau, simple, qui va à l’essentiel. En résumé, une assiette 3 étoiles. Adrien, Martin, David et Mallory n’en mènent pas large. Et je les comprends !

L’inspiration pour un trompe-l’oeil d’exception

Tout d’abord David. Pour son trompe-l’oeil, il réalise un dessert. Un nid tombé de l’arbre, avec un oeuf qui tombe du nid. Ce nid est en chocolat, l’oeuf est une mousse panais/noix de coco et recouverte de chocolat blanc pour représenter la coquille. Il réalise le jaune avec un insert passion/mangue. Pour une illusion parfaite de cette « nature en trompe-l’oeil », il ajoute une mousse verte faite de sponge cake amandes/noix de coco. La terre est du crumble cacao. Il termine avec des plumes en feuilles de brick. Hélène Darroze est bluffée et elle y croit. En effet, son assiette est élégante et elle fait assez envie.

Balade dans les sous bois

Ensuite Martin, qui est beaucoup moins inspiré par ce thème. En effet le « trompe-l’oeil » n’est pas, selon ses dires, « sa came ». Quoi qu’il en soit, depuis le temps, on le connait : au final il trouve toujours une idée. Et avec le salsifis en dessert, il sort clairement des sentiers battus ! Son idée de rondins de bois plaît à Philippe Etchebest qui s’imagine déjà en balade en forêt. Seulement, son coach l’alerte sur le fait de laisser les morceaux de salsifis s’oxyder à l’air libre. Cela ne suffit peut-être pas pour obtenir l’effet visuel du rondin de bois. Martin réagit et utilise des salsifis à peau noire et ne les épluche pas. Voilà qui facilite grandement le visuel. Afin de rappeler la sève, il ajoute un miel pimpé aux quatres épices. Il dessine des feuilles, au couteau et à main levée, sur une tuile à la crème de marrons. Un streusel chocolat pour la terre et sponge cake pistache pour la mousse complètent son tableau.

Un premier pas dans la nature

En ce qui concerne notre Adrien national, ce dernier est « chafouin ». En même temps, je le comprends. Le pass lui est passé sous le nez lors de l’épreuve de Yannick Alléno. Néanmoins, on connait sa créativité et ses goûts marqués. Si Paul Pairet n’est pas inquiet pour les goûts, il l’alerte sur le fait que le visuel est vraiment essentiel. Pour cela, il réalise une branche de bois en chocolat, farcie d’une crème d’anguille fumée. Une purée de chou romanesco et des tuiles de pain pour les feuilles « chips ». Son coach est ravi du dressage. Seulement, tout à coup, Adrien écrase son plat. Franchement, je suis dubitative. Son coach l’est tout autant.

Ne pas se tromper sur le « trompe-l’oeil »

Comme à chaque épreuve, Mallory est très enthousiaste. Et sa recette en est la preuve. Car avec un crémeux café, une gelée café/vanille, une ganache praliné, des épines en chocolat et un crumble chocolat/café : rien qu’à l’énoncé, il faut bien avouer que sa pomme de pin en « trompe-l’oeil » me fait terriblement envie ! Seulement, il y a vraiment beaucoup de travail. Il court partout et se donne à fond. Mais dans l’effervescence, il oublie de préparer son biscuit qui représente les fameuses épines ! Heureusement que son coach veille et suit la recette pour le lui rappeler. Il les oublie pourtant dans le four et laisse brûler la plaque entière. Catastrophe ! Il perd pied, jette son tablier et quitte les cuisines ! Son coach et la Cheffe Darroze se jettent à sa poursuite et le cherchent partout. Réconforté par Michel Sarran, encouragé par Hélène Darroze, il finit par revenir et termine son dessert.

L’émotion commence par le regard

Avant la dégustation, Martin et David rassurent Mallory. Malgré la compétition, la solidarité est présente. J’adore !

C’est David qui ouvre en premier le bal des dégustations. Il récolte beaucoup de compliments de la part de Christian Le Squer. Seul bémol, il trouve que le nid en chocolat est un peu trop sucré.

Au tour de Martin. Le Chef est séduit par l’assiette dans son ensemble. La quenelle crémeuse de poires le laisse pour autant un peu septique. Philippe Etchebest ajoute avec humour, depuis les vestiaires, que cela représente « une merde de chevreuil ». Il récolte tout de même des compliments.

Qu’en est-il d’Adrien et de son « premier pas dans la nature » ? Comme Paul Pairet, Christian Le Squer est quelque peu dubitatif sur le visuel et évoque même « plusieurs pas de piétinement ». Ceci dit, il trouve le plat intéressant.

Enfin, Mallory et sa « pomme de pin ». Et dès l’arrivée de l’assiette c’est une pluie de compliments, et ça continue lors de la dégustation. De quoi redonner le sourire au jeune homme. Le Chef Le Squer ajoute même « c’est un dessert 3 étoiles, vous pouvez mettre ce dessert au George V, je vais en parler à mon Pâtissier ». Tout est dit ! Michel Sarran ajoute « quoiqu’il arrive, même si on n’a pas le pass, on n’abandonne jamais ».

Les élèves ont-ils dépassé le maître ?

Pour le verdict, ils rejoignent les cuisines. Christian Le Squer tient à féliciter tous les candidats pour la qualité des assiettes proposées et le travail fourni dans les 2h00 d’épreuve. L’histoire qu’il a préféré est celle de Mallory et son trompe-l’œil de « pomme de pin ». Michel Sarran explose de joie. Christian Le Squer lui remet le pass en lui redisant que c’est un plat 3 étoiles. Mallory tombe dans les bras du Chef puis dans ceux d’Hélène Darroze. Christian Le Squer ajoute que « le client ne sait pas ce qu’il se passe derrière une assiette et que l’essentiel est l’émotion transmise à travers le visuel et la saveur ». Après la remise du pass, le Chef prend encore le temps d’échanger avec lui. A 22 ans, Mallory est donc le premier demi-finaliste de cette saison 11. Une sacrée leçon !

Faire le show après le trompe-l’œil

C’est sur une musique de gladiateurs que candidats et coachs pénètrent dans un lieu de légende : le Casino de Paris. Ils vont devoir faire le show ! Leur public, une brochette de Chefs étoilés : Jacques et Régis Marcon (3 étoiles), Nicolas Sale (2 étoiles), Franck Putelat (2 étoiles et MOF), Sylvestre Wahid (2 étoiles), Gilles Goujon (3 étoiles et MOF), Jérôme Banctel (2 étoiles), Olivier Bellin (2 étoiles). Un vrai défilé des représentants de la gastronomie française. Je comprends que les candidats soient intimidés. Adrien, Martin et David ont 1h30 pour préparer leurs recettes. Puis, sur scène et face aux 8 Chefs, ils réalisent les dernières minutes de cuisine et le dressage avec un show culinaire. Que le spectacle commence !

Enflammer le jury !

C’est tout d’abord à Adrien de faire le show. Il va devoir sortir de sa zone de confort ! Pour la cuisson il choisit le flambadou (ou capucin). Cet ustensile de cuisine, en forme de cône et avec une tige d’un mètre, vient du Sud-Ouest et sort surtout tout droit du Moyen-Âge. Rien que ça ! Dans ce cône préalablement chauffé au coeur des braises, on insert du lard qui s’enflamme ! Ainsi, le gras qui s’écoule cuit les ingrédients en-dessous en leur donnant un goût de fumé inimitable. Cependant, comme on le sait, communiquer n’est pas le point fort d’Adrien. Et ça ne loupe pas ! Pendant les 5 premières minutes, face aux Chefs, il installe tout sans ouvrir la bouche. Gilles Goujon intervient et lui demande d’expliquer sa recette. Adrien réalise une recette « Flambadiode »: du foie gras et des huîtres cuitent au flambadou. Cet intitulé fait rire les Chefs mais lorsque ça flambe, il met le feu à la scène et ils sont subjugués. Jérôme Banctel et Gilles Goujon envisagent même de mettre ce plat à la carte de leurs restaurants. Avec cette recette très moderne et une technique de cuisine ancestrale, il ouvre le bal avec brio !

Le jury dans le brouillard ?

Ensuite, c’est au tour de Martin. Il propose des suprêmes d’agrumes, condiment miso, siphon lacté au citron cuit à l’azote liquide, coulis de cassis effervescent et un crumble. Il fait des tests avant de passer sur scène. Car là est tout l’enjeu, toute sa recette est réalisée à la minute ! Lorsqu’il arrive sur scène, il n’en mène pas large devant ce parterre de Chefs étoilés. Il essaie d’être le plus calme possible. Le coulis de cassis ne mousse pas, il n’y a pas l’effet effervescent comme il a pu l’avoir lors des tests. Dommage ! Il prend du temps avec les coques de siphon au citron. Les Chefs autorisent Martin à refaire les 2 premières coques meringuées. Régis Marcon et Sylvestre Wahid sont très intéressés par son dessert qui mérite d’être un peu retravaillé. Dans l’ensemble, les Chefs sont séduits.

Ou alors enfumé ?

Enfin David. Il arrive sur scène et lui qui est d’ordinaire assez loquace ne parle pas du tout. De nouveau Gilles Goujon lui demande d’expliquer sa recette. Et là, comment dire…il plombe quelque peu l’ambiance avec son histoire de Forêt Amazonienne en feu. Les Chefs sont perplexes. Régis Marcon lui demande de parler de la gourmandise du plat. Hélène Darroze approuve aussi. David en remet une couche avec son message de « stop à la chasse intensive et au braconnage ». Cependant, il apporte tout de même une note positive en fin de démonstration avec un beau message d’espoir qui touche les Chefs. A la dégustation, ils sont assez séduits et pour sûr, le show de David ne les a pas laissé indifférents avec son « poumon de la Terre ».

Dernier acte du show culinaire, le verdict !

Régis Marcon félicite, au nom de tous ses collègues Chefs, les trois candidats pour une pâtisserie revisitée avec de l’audace (Martin), les messages forts (David), et d’avoir su allier la modernité à la tradition (Adrien). Et à l’unanimité c’est Adrien (et son flambadou) qui remporte le pass. Paul Pairet laisse exploser sa joie et Adrien est très touché par tous les compliments des Chefs.

Un dernier round au goût d’une dernière chance

La semaine prochaine il faudra tout donner ! En effet, Martin n’a toujours pas de pass. David et Adrien sont à égalités ! Mallory, lui, attend sagement ses adversaires en 1/2 finale. Et vu les épreuves que les Chefs Gaggan Anand, David Muñoz et Jessica Préalpato ont concoctées… ça va être show chaud ! Vous serez là ?