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Le 18 juin 1940, un homme refuse la défaite, dénonce l’armistice et appelle à la lutte. Sans armée, sans soutien autre que la relative bienveillance de Winston Churchill, sans moyen mais porté par une certaine idée de la France, il entre en résistance. Il s’appelait Charles de Gaulle.

Charles de Gaulle, voir plus loin

Alors que le Maréchal Pétain, nommé par une assemblée à majorité socialiste, rappelons-le, le 16 juin 1940, demande l’armistice le 17, le Général de Gaulle appelle à la poursuite des combats. Pourquoi cet homme formé par l’armée, donc à l’obéissance, fait-il le choix d’entrer dans l’illégalité et de continuer une lutte que son gouvernement considérait comme perdue ? D’abord parce qu’élevé dans le respect de la dignité de son pays, il ne le concevait que grand. Et que l’humiliation de l’armistice décidé par Philippe Pétain lui était insupportable. Ensuite parce que Charles de Gaulle voyait à long terme et qu’il était persuadé que tôt ou tard, les Etats-Unis entreraient en guerre. Enfin parce qu’il était persuadé qu’en réunissant et coordonnant les forces extérieures à la métropole (à savoir les colonies), la France était capable de faire face à l’Allemagne.

« Nation et idéologies sont incompatibles »

Cette idée forte est le fondement de la pensée gaullienne. La nation est une et indivisible, les idéologies sont des écrans de fumée qui ne servent que des appétits individuels et des fausses querelles, terreau propice à la dislocation du peuple. Seuls les enjeux nationaux au service de la grandeur du pays comptent. D’où l’idée forte de la Vème Constitution de mettre le Président au-dessus des partis. C’est parce que l’image de la France vaincue de 1940 et réduite à l’occupation lui est insupportable qu’il trouve la volonté de se dresser contre l’inéluctable. Et les mots pour convaincre de le rejoindre et de lutter.

Charles de Gaulle, une certaine idée de la France

Décrié par certains, combattu par d’autres et trahi dans ses idées par beaucoup, Charles de Gaulle reste l’homme qui aura sauvé la France du désastre et de la dictature. Au-delà des polémiques actuelles reste l’image d’un homme qui s’est dressé contre la tyrannie et à qui nous devons, tous, au-delà des religions, des couleurs de peau, des idées, la liberté. Ne l’oublions pas.

«  Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France. Le sentiment me l’inspire aussi bien que la raison. Ce qu’il y a, en moi, d’affectif imagine naturellement la France, telle la princesse des contes ou la madone aux fresques des murs, comme vouée à une destinée éminente et exceptionnelle. J’ai, d’instinct, l’impression que la Providence l’a créée pour des succès achevés ou des malheurs exemplaires. S’il advient que la médiocrité marque, pourtant, ses faits et gestes, j’en éprouve la sensation d’une absurde anomalie, imputable aux fautes des Français, non au génie de la patrie. Mais aussi, le côté positif de mon esprit me convainc que la France n’est réellement elle-même qu’au premier rang ; que, seules, de vastes entreprises sont susceptibles de compenser les ferments de dispersion que son peuple porte en lui-même ; que notre pays, tel qu’il est, parmi les autres, tels qu’ils sont, doit, sous peine de danger mortel, viser haut et se tenir droit. Bref, à mon sens, la France ne peut être la France sans la grandeur. » Mémoires – Charles de Gaulle