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De son Costa-Rica natal à la pelouse du Parc des Princes, Keylor Navas n’a cessé d’impressionner et de convaincre. S’il est considéré par certain comme une sorte de mythe, d’icône, il est pour d’autres une source d’inspiration.
Portrait de celui que beaucoup qualifient déjà de meilleur gardien de l’histoire du PSG.

«  On a moins besoin du football pour exister que d’autres nations de la même taille. C’est important, mais nous avons d’autres motifs de fierté, comme le fait d’être un pays pacifique, sans armée, avec la plus grande proportion de son territoire dédiée aux parcs nationaux, et ayant un bon système éducatif.  ». Ce sont les mots de Jaime Ordoñez.
Keylor Navas n’en reste pas moins une véritable icône au Costa Rica, pays qui l’a vu début sous les couleurs du Deportivo Saprissa, en 2005.
S’il est tant respecté, c’est sans aucun doute du à son véritable parcours d’outsider, débuté dans sa région natale de Pérez Zeledon, pour arriver dans les vestiaires du Parc des Princes, en passant par ceux du myhtique Santiago Bernabeu et du Real Madrid.
Véritable éxemple de réussite sociale dans son pays, Keylor Navas détient une popularité qui dépasse le cadre sportif.

Modèle de la nation

Au Costa-Rica, le gardien du PSG ne laisse personne indfférent. Pour Hector Gonzalez, économiste « Navas tend un miroir dans lequel les Costariciens se regardent. Il a l’image de quelqu’un de propre et travailleur. Une manière de dire : « Si tu respecte les règles, tu seras récompensé un jour. » Il est aussi très discipliné. Ce n’est pas vraiment notre truc et nous l’envions pour ça, d’ailleurs, c’est la principale critique que nous faisons aux autres joueurs : ils ne sont pas assez sérieux à l’entraînement. »
Daniel Cambronero connaît Navas depuis ses 15 ans. Ils étaient ensemble dans les équipes de jeunes du Deportivo Saprissa, le club le plus populaire du pays. Il est aussi le dernier Costaricien qui peut se targuer d’avoir mis l’actuel meilleur gardien du Monde sur la touche.C’était en sélection des U17. Juste avant qu’il n’assiste à la genèse et la mise en orbite de «King Keylor » . « Il estimait ne pas être très bon du pied gauche. Ça ne me semble pas fondamental pour un portier, mais il a pourtant bossé pour avoir les deux pieds, comme un attaquant. Il est comme ça, il se fixe des objectifs et il travaille. J’ai toujours senti qu’il cherchait une forme d’excellence, mais sans la souffrance que ressentent certains, obsédés par la réussite. Depuis que je le connais, il est tranquille et constant. Ni joyeux ni triste. C’est quelqu’un d’équanime. Ce qui est important quand on est gardien, car on lutte contre ses émotions. »

L’équipe du Deportivo Saprissa avec Keylor Navas

La naissance du mythe

Au Deportivo Saprissa, Navas impressionne, à tel point qu’il s’impose en équipe première à seulement 18 ans et remporte sept titres. « Il avait une grosse force mentale, qu’il montrait toujours à l’entraînement. Dès qu’il a joué avec l’équipe première, on a vu toute sa valeur… » se rappelle Victor Cordero, ancien défenseur du Deportivo Saprissa et ex-coéquipier de Navas, aujourd’hui directeur sportif du club.
Ses prestations abouties attisent alors les convoitises européennes. Et lors de son envol vers Albacete en Espagne, en 2010, Navas laisse un héritage. « Quand Keylor est parti jouer en Espagne et qu’il a commencé à faire de beaux arrêts, de grandes actions, il y a eu ici la ‘Keylormania’. Beaucoup de jeunes sont allés s’inscrire dans des clubs pour être gardien, faire comme Keylor, explique Roger Mora. Aujourd’hui, il y a différentes académies pour les gardiens dans le pays où la référence, c’est Keylor Navas. »Ses prestations abouties attisent alors les convoitises européennes. Et lors de son envol vers Albacete en Espagne, en 2010, Navas laisse un héritage. « Quand Keylor est parti jouer en Espagne et qu’il a commencé à faire de beaux arrêts, de grandes actions, il y a eu ici la ‘Keylormania’. Beaucoup de jeunes sont allés s’inscrire dans des clubs pour être gardien, faire comme Keylor, explique Roger Mora. Aujourd’hui, il y a différentes académies pour les gardiens dans le pays où la référence, c’est Keylor Navas. »

Keylor Navas, vainqueur de sa troisième LDC face à Liverpool (2018)

San Keylor 

Ses plus fortes émotions, «San Keylor» comme aiment le nommer les supporters du PSG, il va les connaître lors de la Coupe du Monde 2014. C’est lors de cette compétition que sa carrière va connaître un véritable tournant à 360°. Grand artisan du spéctaculaire parcours des Ticos, quart de finalistes du Mondial au Brésil, Keylor Navas signe dans la foulée au Réal Madrid en provenance de Levante. C’est ici, au sein de la capitale Espagnole, qu’il va exploser aux yeux du Monde. En cinq ans, il remporte dix trophées dont trois Champions League et une Liga.
A l’été 2019, l’icône Costaricien s’envole pour une autre capitale, française, ou il a pour tâche d’enfin devenir LE gardien que le Paris-Saint-Germain recherche. Et avec 36 clean sheets en 70 matchs, une Ligue 1 et une finale de Ligue des Champions, le mythe continue son chemin en France.
« Aujourd’hui, c’est un ambassadeur du sport et la culture costaricienne à l’échelle internationale. Ici, les matchs de Ligue des champions sont à 14h avec le décalage horaire. Mais les gens s’adaptent pour voir Keylor jouer car nous savons qu’il est probable qu’il fasse un grand match », explique Victor Cordero.

« Sa carrière était déjà très respectée mais quand il a signé au Real Madrid, il y a eu une couverture médiatique énorme, se souvient Victor Cordero. Et à partir de là, on voyait énormément de jeunes avec le maillot du Real sur le dos. Aujourd’hui, on voit aussi beaucoup de maillots du Paris-Saint-Germain, bien sûr ! »

Et avec les récentes performances de « San Keylor » avec le Paris-SG en Ligue des Champions, il est probables que les maillots du nouveau Prince du Parc continuent de fleurir au Costa-Rica…

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Jérémy Cesar