SHARE

Trois vérités sur François Hollande

Les trois choses les plus vraies jamais dites au sujet de François Hollande sont certainement venues de Martine Aubry, de Ségolène Royal et de Laurent Fabius. La première parla de gauche molle, la seconde affirma qu’il n’avait jamais rien fait et le dernier déclama, Hollande président, jamais. Dans une France où l’anti Sarkozysme est au plus haut Hollande qui certainement ne se rêva jamais vraiment Président tant d’autres candidats étaient pour les socialistes une évidence, risque bel et bien de finir au plus haut poste de l’état.

J’aime la France. Elle me fascine. Paris est à mes yeux tout ce qu’elle a su faire de plus beau, de plus grandiose. Le patrimoine de ce pays est immense, bâti au fil des âges. Sa richesse se révèle dans sa pierre, dans ses terres. Elle brille aux yeux du monde par ses industries, son savoir vivre et sa culture. Pour beaucoup elle est un phare rempli d’espoir et de symboles.

Le Français pèche souvent par son arrogance. Il est fier de son histoire. Les critiques aiment noter que le coq est le seul animal qui aime chanter les pieds dans le pétrin. Un pays n’est pas sa mascotte, heureusement.

Les Leçons de la campagne présidentielle

Sarkozy souhaitait une République irréprochable, il n’a pas su la faire. Le système est gangréné depuis si longtemps. Les politiques ne sont pas irréprochables. Il suffit de se pencher sur la confiance que les gens accordent en nos politiques de tous bords pour comprendre que la politique est une guerre qui n’a qu’une fin, celle de la prise du pouvoir. Cette lutte intense semble bien souvent se faire au dépourvu de l’intérêt général. Elle est clanique, partisane, régulièrement trempée dans l’excès et la démagogie. Elle manque de lucidité. Un retour de la gauche au pouvoir ne la rendrait hélas pas plus irréprochable.

Que nous montre cette campagne? Que la politique est un sport de combat qui cède aux excès, qu’elle est incapable de construire sur le travail de l’adversaire, de l’améliorer. Elle nous montre qu’en France deux systèmes s’opposent brutalement, qu’ils sont dans le déni de l’autre et qu’ils se rejettent tous les tors et refusent de partager certaines réalités qui pourraient être à la fois salvatrices et qui sait fondatrices pour une société. Mais la conquête du pouvoir détruit tout sur son passage, cherche à opposer les uns aux autres plutôt que de les unir. C’est une évidence, les partis politiques s’opposent et se confrontent sur des réalités tronquées, des messages brutaux qui aiguisent les peurs, attisent les haines. Qu’elle soit celle du bourgeois, de l’immigré, du riche, du chômeur, du fonctionnaire, du banquier… la stigmatisation habite tous les camps. Il faut pointer du doigt plutôt que de faire face aux réalités, aux incidences, aux conséquences. Pointer du doigt pour au final nous offrir quoi?

Un candidat de droite qui a fait des choses, instauré des mesures qui devaient se faire… mais avec   une manière qui a tellement déplu que pour beaucoup l’anti Sarkozysme est presque devenu physique. Il a choqué, à droite comme à gauche. Il n’a pas su apaiser certaines craintes et s’est certainement montré parfois brutal alors qu’il aurait pu et du plus souvent du rassurer.

Les politiques donnent une image de la politique déplorable. La politique laisse un goût amère au fond des tasses de nos cafés du commerce. La démocratie de nos jours nous offre des candidats de petite qualité. Sarkozy, Hollande, Le Pen, Bayrou, Mélanchon, Joly ou bien Poutou?

Nous vivons une époque merveilleuse, incohérente, schizophrénique. Les clichés sont là pour déstabiliser, pour occulter le positif. Il faut encore et toujours peindre l’autre sous une lumière négative. Le jeu est dangereux et comporte de nombreuses limites. Les abus, les excès sont nombreux. Au final ils projettent un voile sur les vrais enjeux, sur les vrais problèmes et font qu’on ne va jamais dans le fond. On reste dans la boue sans jamais savoir que le compromis est souhaitable autour de grands thèmes. Si les compromis étaient possibles, les candidats parfois partageraient des propositions sur des sujets clefs. Seuls les remèdes seraient différents, mais les objectifs seraient communs. Le problème posé, identifié serait le même, les diagnostics partagés. Seulement nos classes dirigeantes qui ont souvent usé les mêmes bancs d’écoles ont appris des leçons radicalement différentes selon le camp dans lequel elles finissent. Les fondations qui en résultent, les certitudes sont souvent terriblement opposées. La seul chose que les élites politiques partagent véritablement c’est l’ambition de prendre le pouvoir. Et ce à tout prix.

Nous vivons une époque merveilleuse qui préfère inviter des chanteurs, des acteurs nous parler de leurs opus au 20h et non des chefs d’entreprises de PME, de leaders, de challengers pour nous livrer leurs réalités sur la crise.
Rares sont les patrons, qui viennent occuper le siège du plateau pour parler de leur industrie, de leur stratégie, de leur réussite. C’est étrange et regrettable. J’ose imaginer qu’au même titre que des patrons ont au moins autant de choses à raconter que des footballeurs nous parlant de passes, ou de jeunes filles légères devenues designers. Ce serait peut être intéressant d’écouter les grands patrons plus souvent au 20h et les exemples de réussites aussi. Peut être qu’un peu plus de visibilité hors gestion de crise susciterait des vocations. Qui sait, on y apprendrait peut être quelque chose sur qui ils sont, sur ce qu’ils font et pourquoi.
Enfin on apprendrait même les raisons de leur réussite que tant semblent décrier avec facilité. Hollande gouvernera avec des patrons et des financiers comment imaginer un instant qu’il en serait autrement? Sa démagogie se heurterait aux réalités étatiques, économiques, politiques qui n’existent pas dans ses discours.

Hollande dépourvu de destin politique contrairement à DSK

Strauss-Kahn illustre assez bien le problème actuel. Il semble qu’il avait la technique pour gouverner mais qu’il n’avait pas la carrure pour être un Homme d’Etat. Lui même ne s’est jamais posé la question objective semble t il à savoir si il ne manquait pas de certains repères pour insuffler un ordre moral sur un pays. A quoi auraient bien pu ressembler les sommets franco italiens? Est ce cela véritablement gouverner. Je suppose que les failles du présidentiable n’étaient pas aussi invisibles que cela, que des cercles savaient mais qu’aucun de ceux qui souhaitaient accéder au sommet de l’Etat n’y ont vu de véritable incompatibilité. Un candidat est le fruit d’intérêts bien plus souvent que de destins.

La preuve Hollande n’a jamais eu de destin politiquec contrairement à DSK et il se pourrait bien qu’il y finisse à l’Elysée. C’est un candidat par défaut qui pour y arriver se permet tous les excès, tous les clichés sans se priver de ceux qui sont économiquement pas viables mais en revanche politiquement payants comme la taxation à 75prct. A trop vouloir taper sur Sarkozy on fini par s’apercevoir qu’il n’a pas tant de choses à proposer, qu’il change d’avis régulièrement, que ses effets d’annonces ont des durées de vie limitées.  Des réformes de la droite il conserve quasiment tout d’ailleurs, preuve s’il en fallait que le bilan de Sarkozy n’est pas si mauvais.

Le jour ou la démocratie saura accepter de reconnaitre chez l’adversaire politique des qualités, elle se grandira. Le pays qu’est la France jouerait son élection dans un mouchoir… le vainqueur aura une cinquantaine de % des voix, comme toujours beaucoup s’abstiendront… J’imagine que les uns et les autres gagneraient à écouter l’autre, à le laisser expliquer et débattre correctement tout en prenant ce qu’ils proposent de bon et en y apportant leur idéologie.

Pour l’instant, nous en sommes loin… Les journalistes deviennent des agents politiques à la solde d’entités politiques. Beaucoup ne font plus leur travail. Audrey Pulvar dans l’émission du service public On n’est pas couché aura je pense illustré parfaitement les limites de ses qualités journalistiques, les risques de dérapage, d’incorrection et d’incohérence en recevant Jean Francois Copé ce weekend. Au delà d’afficher des limites de raisonnement, elle paraissait envoutée, habitée par une haine farouche de l’opposition… Manque de correction, de lucidité, de justesse et de politesse. Comme quoi, coucher avec un homme politique proéminent crée bien des tensions et pose bien des questions. Elle savait tout sur tout, et ne cessa d’interrompre son invité, tenta de le déstabiliser par tous les moyens, bref c’était insupportable à écouter vu que ce sont nos redevances qui payent son salaire… et que les redevances sont de droite et de gauche.

Pour conclure, j’aimerais simplement proposer que la France comprenne qu’elle est une grande famille, que l’égalité qui lui est si chère demande que les uns et les autres s’écoutent car au final, si Hollande n’aime pas les riches, il n’aimerait pas pour autant être pauvre. Soit dit au passage, il est riche, ne s’aime t il donc pas? Un président qui ne s’aime pas peut il aimer les autres? C’est étrange… ce pays est étrange et se fend de plus en plus. Pour vraiment changer la France, il va falloir commencer par se respecter, s’écouter et apprécier ce que certains donnent à d’autres… car après tout, si les Francais n’aiment pas les riches, pourquoi sommes nous si nombreux à jouer au Lotto? Je me demande si Francois a déjà joué au Lotto…