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L’affaire Bernard Tapie depuis 1992 à nos jours

En novembre 1992 Bernard Tapie est nommé Ministre de la Ville du gouvernement Bérégovoy. A cette époque l’homme d’affaire a accepté à la demande de François Mitterrand de vendre les actifs de son groupe dont le plus important était l »équipementier sportif Adidas.  Le Crédit Lyonnais avait été chargé de vendre cette entreprise. Après expertise la banque avait réalisé après expertise que la valeur de Adidas est supérieur à la somme réclamée par Bernard Tapie. Le Crédit Lyonnais a décidé de participer au rachat de l’entreprise au prix minimum et de la revendre au prix fort pour réaliser une plus-value. En 1993 Adidas a été vendue pour 315 millions d’euros à un groupe d’investisseurs dont Robert Louis-Dreyfus et le Crédit Lyonnais font partie. Quelques jours plus tard l’homme d’affaires Robert Louis-Dreyfus a racheté l’ensemble des parts de Adidas pour 701 millions d’euros soit deux fois le prix qui avait été payé à Bernard Tapie. Ce dernier s’est estimé léser et a réclamé à la banque  la somme de la plus-value encaissée lors de l’opération  soit 229 millions d’euros. En 1995 les liquidateurs du groupe Tapie ont attaqué le Crédit Lyonnais en justice pour un mandant que la banque n’a pas respecté et pour avoir pris un profit sur une vente qu’elle était chargée d’assurer. La banque à cette époque était en situation de quasi faillite a été placée sous la tutelle d’une structure publique, « Consortium De Réalisation » (CDR). Dans la bataille judiciaire qui s’est engagé, le CDR donc l’État était en charge de représenter le Crédit Lyonnais.

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Après 10 ans de procédure Bernard Tapie a proposé de recourir à un arbitrage privé. Une procédure inhabituelle pour les létiges entre l’État et un particulier. Mais en 2007, Christine Lagarde Ministre de l’Économie du gouvernement de François Fillon sous la présidence de Nicolas Sarkozy, avait validé ce choix. Suite à cette décision trois arbitres ont été nommés et ont condamné l’année suivante le CDR à verser 403 millions à Bernard Tapie. Cette condamnation avait créé un tollé dans l’opposition (PS, MODEM), qui n’avait pas hésité à mettre en cause une intervention de l’Élysée auprès de Bercy pour imposer ce choix.

En 2011, des juges ouvrent une enquête. Christine Lagarde est la première visée car elle avait donné son aval pour l’arbitrage contre l’avis de ses services à Bercy. Lorsque la décision des juges arbitres est tombée, la ministre a refusé d’engager un recours en annulation comme elle en avait la possibilité. Madame Lagarde estimait avoir agi dans l’intérêt de l’État et elle a nié avoir reçu des pressions de l’Élysée. Christine Lagarde a été épaulé par son directeur de Cabinet Stéphane Richard. C’est ce dernier qui avait été en charge de monter ce dossier d’arbitrage, en collaboration avec Jean-François Rocchi président du CDR. Ce haut fonctionnaire est soupçonné d’avoir écarté les opposants à l’arbitrage.au sein du CDR et d’avoir orienté la procédure en faveur de Bernard Tapie.

En juillet 2007 Stéphane Richard et Jean-François Rocchi ont participé à une réunion en présence de Bernard Tapie dans le bureau de Claude Guéant alors secrétaire général de l’Élysée. Selon Stéphane Richard le bras droit de Nicolas Sarkozy avait donné pour aller à l’arbitrage. Guéant de son côté nie toutes interventions dans la procédure.

L’impartialité des trois juges arbitres pose question. Pierre Estoup aurait eu des liens avec Bernard Tapie et son entourage.

Bernad Tapie qui sort son livre vendredi 28 juin 2013 pour expliquer sa version de l’affaire,souligne dans son ouvrage que à aucun moment Nicolas Sarkozy n’est intervenu dans son dossier. Bernard Tapie qui a été placé en garde à vue mardi 25 juin 2013, pourrait être mis en examen pour escroquerie en bande organisée.

Regardez la vidéo de l’émission « Envoyé Spécial » qui retrace l’affaire Bernard Tapie :

http://youtu.be/13fqIbEhDDE