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Le Figaro live-tweete l’assassinat de JFK

Aujourd’hui, le 22 novembre 2013, Le Figaro live-tweetait l’assassinat de JFK, également à la Une du Nouvel Observateur cette semaine. Le rétro-live est de plus en plus pratiqué par les sites de presse et les radios, qui voient dans ce passé participatif un excellent moyen de fédérer un public pertinent autour d’un contenu média.

L’histoire, un contenu propice au partage

Cette semaine, L’Express nous donne en exclusivité les vrais chiffres de l’insécurité, tandis-que que Le Point a choisi d’en finir pour la éniemme fois avec les idées reçues à propos de l’immigration.

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Quand Le Nouvel Obs titre « JFK, la vérité», le magazine n’entend pas se lancer dans une investigation d’historien, mais ménage une pause à ses lecteurs, harassés par un présent qui n’en finit pas de tourner en rond, et qu’ils estiment parfois miné d’opinions taboues.

Les polémiques historiques ravivées par les news magazines, restent pour leur part sans conséquences immédiates. Elles offrent une liberté d’interprétation que la couverture de l’actualité brûlante n’autoriserait pas.

Donner à discuter de l’affaire du bijoutier niçois, c’est indigner Paris contre la province, révulser les petits commerçants contre les bobos, bref, s’enferrer dans des clichés qui séparent les lecteurs d’un même journal au lieu de les rapprocher.

Au contraire, évoquer un fait divers semblable mais qui s’est produit un siècle plus tôt soulage l’événement de la brutalité de son contexte, en fédérant lecteurs et internautes autour d’un passé pittoresque. Le centre-ville traversé des spasmes de la ville contemporaine laisse place à des représentations collectives bien plus agréables : les objets étonnants qui furent ceux d’autrefois, les plis particuliers des costumes d’antan, une gouaille disparue.

UNE GAMIFICATION QUI PERMET D’ATTIRER UN PUBLIC PERTINENT

A la faveur des nouveaux modes de partage de l’information, le rétro-live peut même prendre un tour ludique. Une conquête territoriale, une élection présidentielle, l’assassinat d’un chef, ce sont des aventures. Parce que les événements qui sont devenus aux yeux de tous de grands moments de l’histoire épousent aisément la forme d’un récit, on peut les donner à rejouer.

Et, rien de mieux que la gamification pour agglomérer un public autour d’une marque. « A la limite du docu-fiction, genre déjà bien connu mais généralement réservé à la télévision, ces « rétro live » se multiplient grâce aux nouveaux outils extrêmement simples d’utilisation» observait Erwann Gaucher en 2012 («Les médias se mettent au rétro-live», 10/07/12).

L’année dernière, à l’occasion des 30 ans de la première élection de François Mitterrand, France Inter avait proposé à ses auditeurs de remonter le temps sur Twitter, pour leur faire revivre avant l’été le mois de mai 1981. En plus de ses auditeurs habituels présents au rendez-vous, la chaîne de radio aura pu s’attirer, de manière ciblée, tous les Twittos collatéraux venus se greffer au jeu. 6458935961_72cb05e2e7

Les médias sont prêts à créer ainsi avec les internautes du passé recomposé, au risque de les laisser commettre des contre-sens et des erreurs historiques.

Qu’importe: le rétro-revival journalistique ne peut exister qu’en tant que passé participatif. Le live donne la sensation irremplaçable d’être propulsé au coeur de l’action, et de la vivre en temps réel. Ce faisant, nous n’avons pas l’impression que d’être détourné du présent, mais au contraire, de le vivre intensément.

Si l’internaute avait le sentiment qu’un média d’actualité lui parlait du passé par crainte d’affronter les affres du présent, il est certain que ce dernier s’en désengagerait.