SHARE

Face aux professeurs qui refusent de restituer les notes du bac ( 50 000 à 80 000 copies) , le ministère utilise tous les moyens pour donner les résultats demain, le 5 juillet 2019 : les notes manquantes seront remplacées par la moyenne annuelle, mail d’intimidation du rectorat ou encore appel incessant selon le Snes… Une situation que dénonce le principal syndicat d’enseignant. 

À la veille des résultats du bac, la situation est confuse, 50 000 à 80 000 notes ne sont pas encore rentrées selon le Snes. Alors que, Jean-Michel Blanquer  a annoncé en fin de soirée que, 700 correcteurs, bloqueraient 30 000 copies sur 4 millions. Ce jeudi 4 juillet 2019, le Snes, principal syndicat enseignant a tenu une conférence de presse pour dénoncer l’attitude du ministère sur les professeurs grévistes. En début de soirée, Jean-Michel Blanquer a répondu qu’il s’agissait d’une minorité de professeur gréviste 700 sur 175 000. 

Donner les notes coûte que coûte 

C’est la « parade » de Jean Michel Blanquer, utiliser les notes du contrôle continu en l’absence des notes du baccalauréat. Une parade « illégale » selon le Snes-FSU et qui romprait le principe d’égalité entre les candidats. De plus, le ministre de l’Éducation menace de retirer 15 jours de salaires aux professeurs grévistes. Il estime que les professeurs sont en grèves depuis qu’ils ont reçu les copies. Alors que les professeurs ont refusé de donner les notes, mais ils ont corrigés les copies. Une menace qui a été faite par le rectorat dans plusieurs mails envoyés aux professeurs. Sauf que juridiquement, selon nos confrères de Libération ce serait juridiquement impossible. Une décision du Conseil d’État qui date de juillet 1978, indique que l’absence de service d’un fonctionnaire débute à partir du moment où l’absence a été constatée. Donc, dans le cas échéant, ce serait lorsque le professeur a refusé de donner les notes et non quand il a récupéré les copies. 

 

Voici un exemple de mail envoyé par le rectorat de Poitiers.

Des jurys de délibérations perturbés 

Choqués par la volonté du ministre de l’Éducation de rompre le principe d’égalité entre candidats, beaucoup de jurys de délibération ont refusé de se soumettre à la décision du ministre. Ce qui a créé beaucoup d’incidents aujourd’hui au sein des jurys. Comme le rapporte ce tweet : « À Osny, 60% des candidats ont des notes du contrôle continu en philo ou anglais. Ce phénomène se produit partout en France. Les élèves n’ont pas tous passé le même examen.  En refusant de reporter les résultats du #bac2019 #Blanquer l’a saboté ». « L’annonce du ministre a même poussé des professeurs pas encore grévistes à rejoindre le mouvement », a précisé Frédérique Rolet la secrétaire générale de SNES-FSU lors de la conférence de presse. Elle rapporte également, que dans certains établissements ce sont les proviseurs et les secrétaires qui ont rapporté les notes sans consulter l’avis du jury de délibérations. 

 

Refus de correction : après le bac le brevet ? 

Des professeurs nous ont rapporté que par solidarité, plusieurs enseignants en collège ont refusé de corriger le brevet. D’autres, se sont mis en grève, car on leur demandait de corriger les copies de leurs collègues grévistes. « Dans ces conditions, vous me demandez de corriger les copies des collègues en  grève, ce n’est pas correct ni légal, je débraye, donc » raconte un des professeurs. D’autres personnes non habilitées à corriger des copies comme des TZR ( Titulaires sur Zone de Remplacement) ou AESH (Accompagnants des Élevés en Situation de Handicap) ont été réquisitionnés pour corriger. Le ministère et les syndicats n’ont pas encore communiqué sur le nombre de professeurs du collège en grève refusant de corriger le brevet. Les perturbations des corrections du bac risquent donc de se répercuter sur les corrections du brevet.